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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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102 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,fait nos tentes et nos burnous ; le lait de sa femelle nourritle riche et le pauvre, il rafraîchit la datte, engraisse les che-vaux ; cest 1a. source qui ne tarit point. Mort, tonte sa chairest bonne ; sa bosse ( deroua ) est la tête de la diffa 1 , sa peaufait des outres ( mezade ) leau nest jamais bue par le ventni par le soleil; des chaussures qui peuvent sans dangermarcher sur la vipère, et qui sauvent du haffa (brûlures pro-duites par le sable) les pieds du voyageur ; dénuée de sespoils, mouillée ensuite, et simplement appliquée sur le boisdune selle, sans chevilles et sans clous, elle y fait adhérence,comme lécorce avec larbre, et donne à lensemble une soli-dité qui défiera la guerre, la chasse et la fantasia.

» Ce qui fait la supériorité du mahari, cest quà toutes lesqualités qui sont de lui, il réunit toutes celles du djemel. Cequi fait son infériorité, cest que son éducation difficile mangependant plus dun an tout le temps du maître, et que ceuxde sa race ne sont pas nombreux. La beauté ne voyage paspar caravanes 1 2 * * * * * 8 . » Général E. Daumas,

Mœurs et coutumes de l'Algérie , Tell , Kabylie, Sahara.

(E J aris, 1S5S, in-lS, 3° écl., Hachette .)

1. Cest le mets le plus recherché que lhospitalité puisse offrir à des hùtes dedistinction.

2. « L'El-keirîe ou Erraryual , plus élégant, plus léger en sa forme que le cha-

» meau de charge, franchit en peu do jours lo grand désort dAfrique . 11 est au

» chameau ordinaire co quo lo cheval do course est au cheval do trait. Une cour-

» roie passée dans lanneau qui traverse sa lèvre supérieure, lui sert de bride; sa

» selle est semblable à celle quemploient les montagnards do lAndalousie ; pour

» exprimer la vélocité de sa course, lArabe vous dira : « Quand tu rencontres» El-Hciric, hàte-toi do crier à son cavalier : salem alick ; avant quil tait répondu» alick salem , tes yeux auront cessé de le voir; car sa monture fuit comme lo» vent. » On assure que le heirie fait aisément 80 lieues en vingt-quatre heures,» marchant sans boire, manger ou sarrêter. LArabe qui le monte doit ceindro» ses reins, sa poitrine, ses oreilles, pour que dans son rapide passage, lair cil-» flamme quil traverse comme une flèche, ne le suffoque pas, ne létourdisse point.» Lhomme sobre et patient peut seul supporter la violente allure de ce dromadaire.» Muni dun bakull (peau de chèvre), dune cruche deau en argile poreuse, de» quelques dattes, dune poignée dorge moulue, ne nourrissant quune fois son» heirie dans le désert, car au besoin lanimal peut pendant sept jours se passer» de boire et de manger, lArabe va en une semaine de Tombouctou à Taüïet,

» tandis que, pour franchir la même distance, il faut à une caravane cinquante» jours de marche et deux mois et demi de repos. Un heirie sest rendu en sept» jours du fort Saint-Joseph, sur le Sénégal , à létablissement français de MM. Ca-» bane et Depras à Mogador . » (Drummond-Hay , trad. par M®° IL Bclloc, leMaroc et ses tribus nomades, chap. xviii. pp. 221-225.)