eonvénient n’esl pas grand, il a le temps d’arriver ; mais unmahari doit aller vite, c’est là sa qualité première.
» Pour apprendre au heug à s’accroupir dès que son ca-valier lui crie ch ch ch !.... on se fait aider par un camaradequi frappe avec un bâton l’animal au genou au moment où lecri part, et jusqu’à ce que le cri seul obtienne obéissance.Pour le faire enfin aussi rapide que possible, celui qui lemonte lui frappe alternativement les flancs avec un fouet enl’excitant par un cri aigu. Le jeune mahari chérit beaucoup sachair, il part au galop, la douleur le suit, il la fuit plus vite;il passe comme une autruche, ses jambes sont des ailes ;mais pour ne pas le fatiguer, on l'arrête de loin en loin entirant sur la rêne. Si le heug enfin sait s’arrêter, quelque vi-tesse qu’il ait prise, quand son cavalier tombe ou saute de larahhala, s’il sait tracer un cercle étroit autour de la lance queson cavalier plante en terre et reprendre le galop dès qu’elleest enlevée, son éducation est complète, il peut servir auxcourses ; ce n’est plus un heug, c’est un mahari. Un bonmahari vaut de deux cents à trois cents boudjoux 1 (370 à5G0 francs), quelques-uns même sont estimés jusqu’à plus dequatre cents. Un djemel n’en vaut jamais plus de soixante àquatre-vingts.
» Si les chameaux ne sont pas aussi nobles quelesmahara,ils n’en sont pas moins utiles. Sans les chameaux, point derelations possibles entre les peuples du Sahara , le Soudan serait inconnu ; les Arabes n’auraient point d’esclaves et lescroyants ne pourraient point aller visiter la chambre de Dieu ;avec eux, le désert n’a pas d’espace, ce sont les vaisseaux dela terre : Gouareb el beurr. Dieu l’a voulu, et il les a multi-pliés à l’infini.
» Vivant ou mort,le chameau est la fortune de son maître.Vivant, il porte les tentes et les provisions, il fait la guerreet le commerce ; pour qu’il fût patient, Dieu l’a créé sansfiel 2 ; il ne craint ni la faim, ni la soif, ni la chaleur ; son poil