transformé le môle, agrandi le port; elle a créé une petiterue de Rivoli avec les rues Bab-Azoun et Bab-el-Oued, et l’apeuplée, comme elle a pu, de contrefaçons parisiennes; elle afait un choix dans les mosquées, laissant les unes au Coran ,donnant les autres à l’Evangile . Tout ce qui était adminis-tration civile et religieuse, la magistrature et le haut clergé,elle l’a maintenu sous ses yeux et dans sa main, garantissantà chacun la liberté de sa foi religieuse et morale; elle a vouluque les tribunaux et les cultes fussent mitoyens, et, pourmieux exprimer par un petit fait l’idée qui préside à sa poli-tique, elle a permis à ses prêtres catholiques de porter lalongue barbe virile des ulémas et des rabbins. Elle a coupéen deux, mais par nécessité seulement, les escaliers qui fontcommuniquer la basse ville avec la haute ; elle a conservé lesbazars au milieu des nouvelles rues marchandes, afin de mêlerles industries par le contact, et pour que l’exemple du travailen commun servît à tous. Des places ont été créées, commeautant de centres de fusion pour les deux races ; la porte Bab-Azoun, où l’on suspendait à côté de leurs têtes les corpsdécapités, a été détruite ; les remparts sont tombés ; le mar-ché au savon, où se donnaient rendez-vous tous les men-diants de la ville, est devenu la place du théâtre ; ce théâtreexiste, et, pour le construire, nos ingénieurs ont transforméen terrasse l’énorme rampe qui formait le glacis escarpé durempart turc. Les anciennes limites une fois franchies,l’œuvre s’est continuée du côté de l’est, la mer lui faisantobstacle à l’ouest et au nord. De vastes faubourgs relientAlger au Jardin d'essai. Enfin la porte Neuve (Bab-el-Djeddid), celle-là même par laquelle l’armée de 1830 estentrée, reportée quelques cents mètres plus loin, se nommeporte d'Jshj. et la statue du maréchal agronome est placéelà comme un emblème définitif de victoire et de possession.
» Voilà pour la ville française. L’autre, on l’oublie; neI pouvant supprimer le peuple qui l’habite, nous lui laissons^ tout juste de quoi se loger, c’est-à-dire le belvédère élevé desanciens pirates. Il y diminue lui-même, se serrant encoreinstinctivement contre son palladium inutile, et regardant