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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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390 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,matin, avait quelque chose dimposant et de solennel. Ausignal donné par tous les tambours répondait un sauvage cridenthousiasme retentissant dans tout le camp; puis arri-vaient successivement, en ordre de bataille, les divers con-tingents de la caravane, conduits par leurs madogou ,cest-à-dire premiers serviteurs des chefs respectifs. Tuusmarchaient ainsi en cortège long et paisible, traversant lesvallées et les plateaux des montagnes. Le soir, avaient lieudes jeux et des danses dans toute létendue du camp. Cesscènes vives et animées, dans un site entrecoupé de massesde rochers sauvages et éclairé de vastes feux, pouvaient faireoublier les mauvais côtés de la vie du désert.

» Ce qui frappe surtout le voyageur cest de voir que cettegrande émigration dune tribu errante na pour but que lex-ploitation dun seul objet de commerce. La nature fécondesest plu à créer dans la région la plus nue et la plus aride dudésert, dans le Tebou, près de Bilma , ce riche gisement desel, tandis quelle a complètement refusé à de vastes et fer-tiles contrées de lintérieur ce minéral devenu indispensableà la nourriture de lhomme. Ce ne sont cependant ni lesTebou, ni les Haoussa, cest-à-dire ni les producteurs, ni lesconsommateurs, qui se livrent à ce grand trafic, mais cestun tiers qui, sinterposant, pourvoit aux besoins de cesderniers en se créant à lui-même des moyens dexistence. Cetiers est lindigène des régions inhospitalières qui sétendententre le nord et le midi. Parcourant des espaces immenses,il se rend aux mines de sel, charge de leur produit ses cen-taines et ses milliers de chameaux, et, faisant des trajets quidurent des mois entiers, se rend aux contrées fertiles, leshabitants lui prennent volontiers son sel en léchangeantcontre du blé ou des produits de leur industrie.

» Le sel se recueille à Bilma à létat liquide ; on le couleensuite dans des formes de bois il prend la forme duneespèce de chapiteau. Ce cylindre de sel sappelle alors kantou,et dix de ceux-ci forment une bonne charge de chameau. Unkantou équivaut à cinq pièces de moindre dimension, nom-mées asserim , qui se subdivisent encore en quatre fotou; un