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cesse, comble le puits à mesure qu’il est formé, tantôt c’est une roche qui,par sa résistance, n’est que difficilement entamée par les appareils fora-teurs. Et si quelque instrument est brisé ou mis hors d'usage’ il fautattendre longtemps, par suite des distances énormes et des difficultés detransport, pour qu’il soit remplacé par un appareil nouveau envoyé de lamétropole.
» Quelques chiffres 1 indiquent les progrès qui ont été réalisés. En 1836,il y avait, dans l’Oued-Rir, 282 puits artésiens arabes. En 1S80, il y avait■131 puits artésiens arabes et 59 puits artésiens français . Les puits artésiensîle 1855 donnaient 250 hectolitres d’eau à la minuté, tandis que la totalitédes puits de 1880 donnait 1110 hectolitres.
» En même temps que l’eau, on voit se développer des plantations depalmiers. En 1856, il y avait 360 000 palmiers dansl'Oued-Rir; il y en avait518000 en 1880... Comme la moyenne de la production annuelle d'un dat-tier est d’environ 15 kilogrammes de dattes, on voit que le fait de larréation des puits artésiens a porté la production annuelle des dattes del'Oued-Iiir de 5 400 000 kilogrammes en 1856 à près de 8 millions en 1880. »(Charles Richet , Une excursion dans l’Oued-Rir, Revue des Deux-Mondes 15 mai_1882.)
lia caravane au sel de Bilma : l’aïri.
« Quand le vieux chef Annour 2 fut arrivé, conduisant vi-goureusement son chameau par la bride, les groupes bigarrésde la longue caravane se mirent en mouvement. C’était touteune tribu en marche, les hommes à pied ou montés sur deschameaux, les femmes sur des bœufs ou des ânes, portantavec elles non seulement leurs ustensiles de ménage, maisencore tout l’attirail des légères habitations indigènes; desorte que nattes, perches, boîtes, pots, assiettes, vases àboire, pendaient pêle-mêle suspendus aux flancs des bêtes desomme. Deux troupeaux, l’un de bétail, l’autre de chèvreslaitières, couraient, ainsi qu’une quantité de jeunes chameaux,à côté de la caravane ; et ces derniers, dans leurs capricieuxébats, mettaient souvent le désordre dans la file des chameauxde charge, tous attachés les uns aux autres. Ce spectacleétait plein de vie et d’animation.
» Le mot aïri est le nom indigène, officiel pour ainsi dire,de la caravane au sel. Le départ de cette dernière, chaque