dire que la vieillesse, «avec la conservation des facultés, seprolonge be.aucoup chez les Touareg, et que l’on rencontredes centenaires parmi eux. » Henri Duveyribr 1 .
Notes sur les Touareg et leur pays.
(Bulletin de la Société de géographie de Paris , février 1863.)
Notice historique sur les rapports de la Frauceet du Sahara .
L’Algérie a longtemps servi d’intermédiaire pour le traficentre l’Europe et l’Afrique . Des caravanes nombreuses partiesde Tlemcen , de Géryville, d’Alger , de Constantine , établis-saient des relations constantes avec les oasis d’In-Çalab, duTouat , d’Ouargla , de Ghàt, d’Aghadès , de Kaouar, et de làgagnaient à travers le désert Timbouktou et les rives du Niger ,Kouka et le bassin du lac Tchad . Alors Tlemcen et Ouargla 2renfermaient chacune 100 000 habitants, l’oasis d’El-Golea70 villages riches et peuplés, Timbouktou avait 40 000 âmessans compter les esclaves. Le Sahara était une route de com-merce très fréquentée, malgré les périls du voyage ; les oasis
1. M. Duveyricr (Henri), né en 1810, a conquis, par ses études-et ses voyages,la réputation justement méritée d’un des plus savants géographes et des plus har-dis explorateurs de l’Afrique septentrionale au dix-neuvième siècle. Après avoirvisité l’Algérie , il entreprit, en 1859, un voyage dans le Sahara central. Grâce à laprotection des chefs touareg, et surtout â son énergie et à son sang-froid, il réussità explorer pendant deux ans la région des Ahagghar, jusque-là inaccessible auxEuropéens, et en révéla les secrets dans son beau livre, les Touareg du JYord (1S61,in-8°, Challamel). M. Duvevrier est reste un des collaborateurs les plus actifs etles plus compétents de la Société de géographie de Paris ; il en a été longtempsl’un des secrétaires, il en est aujourd’hui (1SS-1) l’un des vice-présidents. Le bul-letin de la Société renferme un grand nombre de mémoires ou communicationssignés de son nom, et dont plusieurs ont été publiés à part. — Nous signaleronsen outre la publication de Y Année géographique, vaillamment dirigée pendantquatorze ans par M. Vivien de Saint-Martin , et reprise en 1875 par M. Duveyrier ,en collaboration avec son très savant collègue, M. Maunoir, secrétaire général dela Société de géographie . Nous exprimons de nouveau le regret, partagé par tousles amis de la géographie, de l’abandon de cette publication si bien conçue et siutile; le dernier volume paru s’est arrêté en 1878.
2. Les historiens musulmans Ibn-Khaldoun (au quatorzième siècle) et Léon l’Africain (au seizième), nous entretiennent de l’activité de ces relations commer-ciales. Le premier raconte qu’il rencontra à Biskra un ambassadeur du roi deTakkeda, ville aujourd’hui disparue de l’Aïr, avec laquelle Ouargla faisait un grandcommerce. Le second nous apprend que Ouargla était la tête d’une route impor-tante, très fréquentée par les marchands de Constantine et de Tunis , qui, à cetteépoque, faisaient eux-mêmes leurs affaires dans les Etats du Soudan . (Voy. H. Du veyrier , Le Commerce de VAlgérie avec la Nigritie, Congres international dessciences géographiques de 1875, t. I ep , p. 51G.)