4)8 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» le colonel demandait non des soldats, mais seulement des guides et dessok lirais 1 . »
La caravane s'enfonça au sud d'Ouargla , dans la région des gours,« formés de roches friables qui se pulvérisent peu à peu, et dont les par-ties les plus dures survivent comme les témoins d’un plateau primitif. »Après un parcours de 223 kilomètres, elle arriva à la mare d’Aïn-Taïba, oùelle put abreuver les chameaux, et continua sa route à travers les grandesdunes et le gassi ou lit pierreux de l’oued Igliarghar. Elle arriva à ladépression d’ËI-Biodh, le 23 mars, s’y reposa deux jours, et put y faireprovision d’eau; elle passa par l’oasis de Temassinin, sans y rencontrer lesTouareg, puis par les sources d’Aïn-Tebalbalet et d’El-Hadjadj. Le 16 avril,après un pénible trajet dans la vallée des Ighargharen et la région aride etdésolée de l’erg, elle atteignit le lac Menghough.
Le lac Menghough. — Cette nappe d’eau, claire et brillante,est enfermée dans une sorte de cirque entouré de hautes dunesque contourne le tliahveg de l’oued Tidjoudjelt, affluent del’Igharghar. Le lac, long d’un kilomètre, large de 100 à200 mètres, a une profondeur moyenne de 4 mètres. A l’entrée,vers l’ouest, s’est formé un îlot, couvert de plantes et d’arbustes,et refuge de bandes de hérons et de pigeons. Le colonel Flat-ters chargea M. Brosselard d’en opérer le sondage. « J’essayai» d’abord, raconte-t-il plaisamment, de fabriquer un radeau à» l’aide des arbres du voisinage; mais la densité de leur bois» se trouva supérieure à celle de l’eau du lac; je parvins néan-» moins à l’alléger au moyen de quelques tonnelets vides, et je» commençai un voyage de circumnavigation autour du lac, que» l’insuffisance de mes talents nautiques rendit fertile en inci-» dents comiques. Après plusièurs efforts impuissants pour diri-» ger mon embarcation, je pris le parti de me mettre à la nage,» et de la remorquer; quand j’étais arrivé au point où je me» proposais de jeter la sonde, je remontais sur mon radeau et» procédais à l’opération, puis je me remettais à l’eau, et trans-» portais mes appareils sur un autre point. J’eus ainsi l’occasion» de reconnaître que la température du lac était relativement» peu élevée surtout vers le centre, où doivent se trouver les
» sources qui alimentent le lac. Nous péchâmes ce jour-là
» d’énormes poissons, qui varièrent avantageusement le menu» de notre dîner; détail assez curieux, ceux que nous prîmes,
1. H. Brosselard, Voyage de la mistion Flatters, p. 63. — Chaque groupe devingt à vingt-cinq chameaux est placé sous la conduite de quatre à cinq solthrars,qui courent perpétuellement de l’un à l’autre pour les exciter de la voix et dugeste, leur prodiguant les paroles d’encouragement et les coups de bâton.