Buch 
L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
407
JPEG-Download
 

SAHARA . 407

dOran ) fut étudié par M. Pouyaune, ingénieur des mines, assisté deMM. Chavenard et Bailli : arrivés à Tiout, à 460 kilomètres de la côte, lesexplorateurs, menacés par des tribus marocaines, durent rebrousser chemin.L'autre tracé, à l'orient, fut étudié par deux missions distinctes : celle deM. Choisy, ingénieur des ponts et chaussées, et celle du colonel Flatters .M. Choisy, accompagné de deux ingénieurs, dun médecin, de plusieursagents et d'un membre de la famille des Ouled-sidi-Cheikh, compara lesdeux itinéraires de Laghouat à El-Goléa, et de Biskra à Ouargla . Le secondfut trouvé préférable, et recommandé comme tète de ligne du futur cheminde fer trans-saharien. Lexpédition de M. Choisy réussit à merveille ; il avaitparcouru 12S0 kilomètress en 97 jours, et. ramena tous ses hommes sainset saufs. La seconde mission neut pas le même bonheur.

La première mission Flatters .

Le 7 novembre 1879, M. de Freycinet , ministre des travaux publics,conliait au lieutenant-colonel Flatters la mission : « de diriger une explo-» ration avec escorte indigène pour rechercher un tracé de chemin de fer» devant aboutir dans le Soudan , entre le Niger et le lac Tchad . » Il devait« se mettre en relation avec les chefs Tonàreg, chercher à #btenir leur» appui, et conserver à lexpédition un caractère essentiellement pacifique. »» Nul mieux que le colonel Flatters , a écrit un membre de la missiona nétait capable de mener à bien cette difficile et périlleuse entreprise :» énergique et prudent, dun grand savoir, il joignait à ces mérites une» connaissance parfaite de la langue et du caractère des Arabes, acquise» durant son long séjour en Algérie , il avait occupé le poste de com-» mandant supérieur du cercle de Laghouat 1 . »

A la fin de décembre 1879, la mission Flatters était constituée. Le colonelsétait adjoint les capitaines Masson et Bernard, les sous-lieutenants Le Chatelier et Brosselard pour les relations politiques et les cartes,MM. Béringer, ingénieur de lEtat, CabaiUot et Raboitrdin pour le servicegéodésique et météréologique, M. Roche , ingénieur des mines, pour lagéologie et lhydrologie, et M. le docteur Guiard, médecin du 2 e régimentde zouaves. Les explorateurs quittèrent Paris le 7 janvier 1880, passèrentà Alger le 12, et le 31 à Biskra ils organisèrent leur caravane. Elle secompléta à Ouargla , et se composa, outre les dix membres de la mission,de quatre-vingt-quinze hommes de service, ordonnances, guides et chame-liers. « Toute la tribu des Chambaa, caïd en tète, était venue offrir ses« services. Armés de pied en cap, ils arrivaient convaincus que lexpédition» projetée navait pour but que de diriger contre les Touareg une immense« ghazia, et leurs vieilles rancunes se réveillant à lidée du pillage, tous» sollicitaient la faveur dy prendre part. Nous eûmes les plus grandes» peines à leur faire comprendre que la mission avait un tout autre objet,» quil ne sagissaient ni de guerre ni de pillage, que la visite quelle se> proposait de rendre aux Touàreg était toute amicale et pacifique, et que

1. H. Brosselard, Voyage de la mission Flatters au pays des TouaregAzdjer, p. 3.