d’Oran ) fut étudié par M. Pouyaune, ingénieur des mines, assisté deMM. Chavenard et Bailli : arrivés à Tiout, à 460 kilomètres de la côte, lesexplorateurs, menacés par des tribus marocaines, durent rebrousser chemin.L'autre tracé, à l'orient, fut étudié par deux missions distinctes : celle deM. Choisy, ingénieur des ponts et chaussées, et celle du colonel Flatters .M. Choisy, accompagné de deux ingénieurs, d’un médecin, de plusieursagents et d'un membre de la famille des Ouled-sidi-Cheikh, compara lesdeux itinéraires de Laghouat à El-Goléa, et de Biskra à Ouargla . Le secondfut trouvé préférable, et recommandé comme tète de ligne du futur cheminde fer trans-saharien. L’expédition de M. Choisy réussit à merveille ; il avaitparcouru 12S0 kilomètress en 97 jours, et. ramena tous ses hommes sainset saufs. La seconde mission n’eut pas le même bonheur.
Le 7 novembre 1879, M. de Freycinet , ministre des travaux publics,conliait au lieutenant-colonel Flatters la mission : « de diriger une explo-» ration avec escorte indigène pour rechercher un tracé de chemin de fer» devant aboutir dans le Soudan , entre le Niger et le lac Tchad . » Il devait« se mettre en relation avec les chefs Tonàreg, chercher à #btenir leur» appui, et conserver à l’expédition un caractère essentiellement pacifique. »» Nul mieux que le colonel Flatters , a écrit un membre de la missiona n’était capable de mener à bien cette difficile et périlleuse entreprise :» énergique et prudent, d’un grand savoir, il joignait à ces mérites une» connaissance parfaite de la langue et du caractère des Arabes, acquise» durant son long séjour en Algérie , où il avait occupé le poste de com-» mandant supérieur du cercle de Laghouat 1 . »
A la fin de décembre 1879, la mission Flatters était constituée. Le colonels’était adjoint les capitaines Masson et Bernard, les sous-lieutenants Le Chatelier et Brosselard pour les relations politiques et les cartes,MM. Béringer, ingénieur de l’Etat, CabaiUot et Raboitrdin pour le servicegéodésique et météréologique, M. Roche , ingénieur des mines, pour lagéologie et l’hydrologie, et M. le docteur Guiard, médecin du 2 e régimentde zouaves. Les explorateurs quittèrent Paris le 7 janvier 1880, passèrentà Alger le 12, et le 31 à Biskra où ils organisèrent leur caravane. Elle secompléta à Ouargla , et se composa, outre les dix membres de la mission,de quatre-vingt-quinze hommes de service, ordonnances, guides et chame-liers. « Toute la tribu des Chambaa, caïd en tète, était venue offrir ses« services. Armés de pied en cap, ils arrivaient convaincus que l’expédition» projetée n’avait pour but que de diriger contre les Touareg une immense« ghazia, et leurs vieilles rancunes se réveillant à l’idée du pillage, tous» sollicitaient la faveur d’y prendre part. Nous eûmes les plus grandes» peines à leur faire comprendre que la mission avait un tout autre objet,» qu’il ne s’agissaient ni de guerre ni de pillage, que la visite qu’elle se’> proposait de rendre aux Touàreg était toute amicale et pacifique, et que
1. H. Brosselard, Voyage de la mission Flatters au pays des TouaregAzdjer, p. 3.