413
envoyés par Ahitàrlien, le colonel avait, dès le début, deuxguides Ghaamba 1 .
»... L’attaque sur la mission a dû avoir lieu vers le 16 fé-vrier, en un point situé à huit marches au nord du pays d’Aïr...D’après les calculs du colonel, la mission devait arriver àAsiou le 23. Si c’est bien le 16 qu’elle a été attaquée, elle setrouvait alors à sept journées de marche dans le nord-ouestdu puits d’Asiou, qui est sur la frontière du territoire de laconfédération des Rêl-Owi.
» On fit une étape : le colonel demande au guide targuioù est l’eau, pour camper auprès. Ce guide répond qu’il s’esttrompé et qu’on a dépassé le puits, mais qu’il vaut mieuxcamper où l’on est, et envoyer chercher l’eau nécessaire auxbesoins de la caravane. Le colonel veut faire rebrousserchemin ; le guide insiste, et répond qu’en marche il est lemaître. Tout surprenant que ceci paraisse, il n’y a pourtantlà rien que de très naturel. Partout dans le Sahara centrall’aulorité du guide est absolue dans toutes les questions demarche et de campement. On campe donc. A onze heures,le colonel Flatters , le capitaine Masson, le docteur Guiardet MM. Béringer et Roche veulent aller examiner le puits.Avant qu’ils ne s’éloignent du camp, le guide ChaambaCegheïr-Ben-Cheïkh aurait recommandé à son frère El Alâet à deux autres de ses compagnons de voyage, de ne pas
1. « Ces Chaamba ou Chambâa forment trois agglomérations séparées seraou-» vaut sur une grande bande de territoire limitée au nord-ouest par l’Oued-» Seggueur, au sud-est par les dunes de Ghadamès , et elles y gravitent autour» de trois oasis : Mettili, Goléa et Ouargla , qui ont donné respectivement leurs» noms à chacun des groupes de Chambâa dont elles sont, pour ainsi dire, la» capitale; elles portent aussi le nom de Chambàa-Berasga, Mouadhi, Bou-» Rouba. Les Chambâa sont traditionnellement les serviteurs religieux de la» puissante famille des Oulad-Sidi-Cheikh dont la défection, en 186i, a entraîné la» révolte de toutes les tribus du sud de l’Algérie . Les Chambâa sont depuis long-» temps rentrés dans le devoir; ils paient leurs impôts et subissent notro action» politique sans résistance, au moins apparente... Placés dans un pays des plus» ingrats où ils errent avec leurs grands troupeaux de chameaux, ils durent, pour» conserver leur indépendance, se faire craindre de leurs voisins. Audacieux et» rusés, amis des aventures, ils ont toujours profité des désordres qui se sont» produits dans le Sahara pour s’abandonner à leurs instincts pillards dont la sa-» tisfaction leur semble des plus naturelles. La ghazzia (razzia) est leur élément,» et ils avouent naïvement que le pillage est un moyen d’existence tout aussi ho-» norable, à leurs yeux, que le commerce. » (Capitaine A. Coyne, Une ghazziadans le Cband-Sahara , p. 6. Alger , 1881, in-8°, Jourdan.)