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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SAHARA . 417

hommes qui serviraient de guides jusquà Ouarglâ . Cependantles jours suivants ils se comportent dune manière moins ami-cale, et dans la nuit du 9 au 10 mars, une fois Ain-El-Kermadépassée, ils apportèrent des dattes réduites en poussière,dont tout le monde mangea 1 . Ces dattes étaient mêlées à dela poussière des feuilles dune plante que les Arabes , surtoutceux de lAzaouâd, appellent el-bethîna et qui nest autrequune espèce de jusquiame extrêmement vénéneuse, et lunede nos rares découvertes botaniques. Chacun subit les effetsdu poison, qui produit tantôt (nous lavons éprouvé nous-mêmes), un refroidissement et des défaillances, tantôt unefolie furieuse. Six tirailleurs, sous laction de cette jusquiameprirent la fuite. Le capitaine Dianous tirait des coups defusil sur ses hommes 2 .

» A peine remis, on continua la fuite désespérée; deuxhommes envoyés pour acheter des moutons, furent tués sousles yeux de leurs compagnons impuissants à les sauver.

» Le 20 mars, à Amdjid (Amguid), il fallut livrer un com-bat aux Touâreg qui gardaient le puits. Le capitaine Dianoustomba mort 3 ; lingénieur Santin succombait au même rno-

1. « A lexception des Chaamba qui avaient peur quelles ne fussent empoison-nées » ( Rapport officiel), et qui avaient sans doute de bonnes raisons pour enavoir peur, étant les complices de la trahison des Touareg.

2. « Bientôt on vit tous ceux qui avaient pris de cette nourriture comme frap-> pés de vertige : quelques-uns tombaient sans pouvoir se relever, dautres atteints» dune sorte divresse, parcouraient le earnp en prononçant des paroles incolié-» rentes; beaucoup étaient frappés de folie et navaient plus conscience de leurs» actes ; ils tiraient des coups de fusil en lair. Lofiicier et tous les Européens,» qui avaient absorbé la plus grande quantité de cet aliment, après lavoir fait» cuire dans leau, ressentirent les effets les plus violents. M. de Dianous parcou-» rail le camp prononçant des paroles sans suite en français ; on fut obligé de» lui arracher son fusil*. Le maréehal-des-logis fut très malade; il jeta ses effets,» courut aux environs en gandoura et se tit au pied une blessure profonde en» marchant sur un caillou tranchant. Toutefois les Français eurent encore assez» de présence desprit pour boire de leau tiède qui leur fit rejeter la plus grande» partie du poison, mais leffet produit persista, le plus grand désordre régnait» dans le camp. » (Deuxième mission Flatter *, historique et rapport officiel rédigéau service central des affaires indigènes, avec documents à lappui et une cartedressée par le capitaine Bernard. (Alger , 1882, in-8°, Jourdan.)

3. Ce combat désespéré à Amguid, nos tirailleurs et leurs chefs, Dianouset Pobéguin, se conduisirent en héros, est raconté avec toutes ses péripéties dansle Rapport officiel , daprès les interrogatoires des survivants de la mission. « Les» Touareg qui sétaient divisés en deux groupes, dont lun marchait en avant, et» lautre en arrière de notre colonne, se réunissent et vont prendre position en» haut du ravin qui conduit à leau. Leurs méhara ont été placés à labri, dans» lintérieur du cirque. Pendant que lofficier et Pobéguin sont laissés en arrière