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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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418 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,

ment des suites du poison de la veille. Un Français , Brame,ordonnance du colonel, recevait une balle en pleine poitrine.Cétaient les fusils Gras, enlevés à la mission, qui servaient àlennemi; celui-ci perdit trente-trois hommes. Enfin, le 11,on sarrêta à une source appelée par les Arabes Aïn-Saba,et qui est au fond dune vaste cavité dans le roc. Cest queles premiers émissaires arrivés à Ouarglà , proposèrent aumaréchal des logis Pobéguin dêtre détachés pour aller de-mander du secours. » Henri Duveyiiier,

Le désastre de la mission Flalters.

{Bulletin de la Société de géographie de Paris , avril 1881.)

Mohammed-ben-Abd-el-Kader, soldat au 1 er Tirailleurs, et homme deconfiance de Pobéguin, obtient lautorisation de partir, mais seul. Il trompeson chef, et à minuit, quitte le camp en rampant, suivi de trois autreshommes * 1 . Alors commencent les discordes ; l'égoïsme, linstinct féroce de laconservation se manifestent. Le camp se partage en deux factions: lesOuled-Naïl et les tirailleurs; la voix de Pobéguin n'est plus écoutée. On

» avec les hommes qui, comme eux, sont hors détat de combattre, les autres,» connaissant la disposition des lieux, savancent divisés en doux groupes contre» les Touareg dissimulés derrière les rochers qui couvrent les deux pentes du ravin.» La colonne fait un feu densemble sur les Touareg qui sortent de leurs abris el» se précipitent contre les nôtres en sexcitant de la voix. Une nouvelle décharge» fait des vides dans leurs rangs et ils se couchent, mais reviennent ainsi trois fois» de suite avec le plus grand acharnement, et éprouvent chaque fois des pertes« sensibles. Voyant que cette tactique ne leur réussit pas, ils se cachent de nou-» veau dans lesrochers, bien décidés à ne pas livrer passage. Alors commence un» combat dun nouveau genre, une vraie chasse à lhomme... Les Touareg, vers la». ûn du combat, qui dura depuis le milieu du jour jusquau coucher du soleil,» manquant de munitions, se battent à coups do pierres... Cependant M. do Dia-» nous et Pobéguin ont repris un pou leur sens : ce bruit continu de la fusillade» semble leur faire recouvrer leurs forces. Aussitôt M. de Dianous, malgré les» efforts faits pour le retenir, marche en chancelant vers le lieu du combat. Il se» mêle aux combattants et tire pendant quelques instants debout, malgré les avis» des hommes qui lentourent, et reçoit une blessure légère : il nen continue pas» moins à so battre. A ce moment, ïe soleil est sur le point de disparaître à lho-» rizon, et il faut songor h la retraite. M. de Dianous se prodigue, et. pendant que» lon se retire en terrain découvert, il est atteint mortellement dune balle au» sein droit. Les hommes le soutiennent, et il est ramené quelques pas en arrière.» mais les forces labandonnent, et il tombe mort. De son côté, Pobéguin sest fait»> porter sur le lieu du combat; il y prend une faible part, et on le ramène en» battant en retraite. » (Pages 125-7.)

1. Cet Abd-el-Kader était originaire de la tribu des Ouled-Naïî qui formaient lamajorité des hommes échappés au massacre, et avaient pris dans la colonne unesituation prépondérante. Daprès les témoignages recueillis, le maréehnl-dcs-logisse serait opposé au départ de Mohammed , et aurait versé des larmes le lendemainen apprenant sa désertion. Il parait parfaitement avéré que ces mômes Ouled-Naïl,qui obéirent toujours fort mal aux ordres donnés, ont détruit le journal de routeque tenait M. de Dianous, et après lui Pobéguin, de façon à faire disparaître toutestraces de leur mauvaise conduite.