de le fusiller. Personne ne répond. Un instant après, un coupde feu retentit et Djedid-ben-Mohammed tombe. Il est aussi-tôt dépecé et découpé, ses os broyés et mangés. Sur sa de-mande, le foi et le cœur sont réservés à Pobéguin. Au milieudu jour, tempête de sable affreuse, les outres se dessèchent,les hommes, pour se soustraire à l’action du vent brûlant quisouffle toute la journée, se couvrent le corps de sable. Dans lecourant de la nuit, Ben-Chohra-ben-Maïleb est tué et mangé.
» Mardi, 29 mars. Les hommes envoyés au puits ne re-viennent pas. La provision d’eau est complètement épuisée;plusieurs boivent leur urine : Pobéguin déclare qu’il luiest impossible de marcher ; il reste à l’endroit où il se trouveet recommande aux hommes de lui envoyer de l’eau dès qu’ils
pourront.Deux hommes ont été tués au puits par Moliam-
med-ben-Mohammed et par Belkacem-ben-Zebla. Les mal-heureux rapportent une partie de la chair de ces deux hommeset sont chargés d’argent. Belkacem-Ben-Zebla inspire unegrande terreur à tout le monde, c’est le bouclier de la colonneet il s’acquitte de ces tristes fonctions avec un cynisme ré-voltant.
» Mercredi 30, jeudi 31 mars. On envoie encore trois
hommes au puits pour rapporter de l’eau.Au retour, ils ne
retrouvent pas Pobéguin. Celui-ci voyant qu’ils tardaient àrevenir, avait pris le parti de se tramer jusqu’au puits etavait pris un chemin différent de la colonne. Quand les troishommes le trouvent, il est presque mourant de soif et parleavec peine. Belkacem-ben-Zebla communique à Mohammed-ben-Mohammed son projet de tuer Pobéguin. Mohammed s’yoppose ; il s’ensuit une discussion à la suite de laquelle Bel-kacem-ben-Zebla tire un coup de revolver à Mohammed , maisne l’atteint qu’au bras; puis il décharge les cinq autres surPobéguin, qui est couché sous un retem. Après cela, il découpela chair de Pobéguin, et tous trois repartent. »
Massobtier et Bernard,
Officiers du service central des affaires indigènes.