420 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
état de faiblesse extrême. Quelques hommes se dispersentpour chasser, ils ne trouvent guère que des insectes, deslézards, qu’ils dévorent avec avidité; d’autres vont à l’an-cien camp de la mission et ramassent des os, des débris depeau. Les plus faibles mangent du ktaff et du drinn.
» Samedi, 26 mars. Deux hommes se dirigent vers le puitspour reconnaître la cause des coups de fusil entendus pendantla nuit précédente : au retour ils racontent que le nomméDjedid-ben-Mohammed, avait eu une discussion avec ses ca-marades, qu’il en avait tué deux, Mohamed-ben-Ahmed et Ben-Aouda-ben-Braham et qu’il s’était enfui. Les autres hommesrestés au puits avaient mangé, disaient-ils, de la chair deleurs camarades, et eux-mêmes avaient pris de cette nourri-ture. Deux hommes étaient morts de faim pendant la nuit.A ces nouvelles, Belkacem-ben-Rebih, Amar-ben-Belkhéir,Farhat-ben-Omar retournent au puits dans la soirée. A peiney étaient-ils arrivés qu’on entend des coups de feu. Belkacem-ben-Zebla tue Ahmed-ben-Zanoun qui lui est désigné parlesautres comme ayant été complice de la mort des deux pre-miers : il dépouille le cadavre, découpe la chair, en fait unrepas avec ses camarades, et en apporte à la colonie le len-demain matin.
» Dimanche , 27 mars. Les quatre hommes partis la veillerentrent dans la matinée. On présente de la chair humaine àPobéguin qui manifeste d’abord la plus grande répugnance,puis en mange comme tous les autres.Six hommes par-
tent au puits pour rapporter de l’eau. Des coups de feu reten-tissent encore, et deux hommes sont tués à coups de revolver.Les autres font un repas de leur chair qu’ils font rôtir, quel-ques-uns même la mangent toute saignante.
» Lundi , 28 mars. Départ le matin de bonne heure. Vers40 heures du matin on rencontre Djedid-ben-Mohammed quis’étant enfui du puits avait devancé la colonne; il est dé-charné et presque mourant. Cet homme était accusé d’avoirtué deux de ses camarades : on décide qu’on le tuera à sontour. Quelques hommes veulent l’égorger pour faire cuire sonsang ; Pobéguin s’y oppose et demande qui veut se charger