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Commerce. — Les transactions commerciales se font toutes par voiesd'échange ; l’unité monétaire est, pour les petites affairés, représentée pardes cauris ou coquillages (1000 cauris = 0 fr ,75 ou 1 franc), des carrés detoile, ou des bandes de coton, ou des fers de bêche; et pour les grandes,par un esclave ou un bœuf. A Timbouktou, on emploie le kantar, pièce d’orqui vaut 10 francs. — Les principaux centres du commerce soudanien sontSêgou, sur le Niger , Djenné dans une ile du Niger ; — Timbouktou, et sonport sur le Niger , Kabra; Yaouri et Niffé sur la rive gauche du grand fleuve ;— Sokoto, Eano et Gando, grands marchés de l’Afrique centrale (dans leHaoussa) et rendez-vous des caravanes gui s’y rendent de toutes les partiesdu continent : la vente des esclaves s’y étalé avec toutes ses horreurs ; —Kouka (la ville aux baobabs), Dikoua, Sinder dans le Bomou; — Ouara (dansle Ouadaï), qui vend à Tripoli et à l’Egypte des esclaves, de l’ivoire, desplumes d’autruche, des cornes de rhinocéros, de la gomme, de la cire, despeaux; et qui leur achète des perles, des verroteries, du corail, des draps,des indiennes, des parfums, des épices, du sucre, du cuivre, du soufre,des tabatières, des aiguilles, rasoirs, livres musulmans, du papier, etc.; —Ko bé (Darfour ) exporte et importe les mêmes denrées; son commerce estaux mains des négociants coptes de Svout; les caravanes qui y arrivent secomposent de trois à quatre mille chameaux et de mille cinq cents à deuxmille individus.
Le commerce extérieur du Soudan est déjà considérable, mais il estencore fermé aux Européens. « Les caravanes, dit M. Bainier, sont dirigées» par les Maures , les Touareg et les Tibbous, qui traversent le Sahara en» cinquante ou soixante jours. On peut évaluer le prix du transport de» Ghadamès à Ghât à ll tr ,25 par ISO kilogrammes (3 cantars) de charge» de chameau, à 120 francs de Ghât à Kano, et à 190 francs de Touàt à» Timbouktou. Le transport de 150 kilogrammes de marchandises d’Alger » à Timbouktou (2400 kilom.), coûterait environ 380 francs, soit 250 francs» par 100 kilogrammes 1 . »
EXPLORATIONS DU SOUDAN
Le premier voyageur européen qui ait ouvert à l’ouest la route du Soudan ,et exploré le grand fleuve intérieur, le Djoliba ou Niger , fut l’EcossaisMungo-Park. Envoyé par VAfrican Association, il fit trois expéditions sur lefleuve de 1795 à 1806, les deux premières à Bamako et Segou, la troisièmede Sansandig à Bousa; sur üne longueur de 2 000 kilom. sans descendre àterre. Les Touareg attaquèrent l’expédition à plusieurs reprises. A la hau-teur de Yaouri, Mungo-Park fit remettre au chef d’un village bâti sur larive du fleuve des présents pour lui et pour son suzerain, le roi de Yaouri.Le chef garda tout. Le roi, furieux de ne pas recevoir l’hommage duvoyageur blanc, envoya une armée contre lui. Elle s’embusqua à Bousa,point où le Niger , encaissé entre des rochers, est très rapide, et quand lesAnglais parurent, les écrasa sous une grêle de traits. Mungo-Park , voyanttomber ses compagnons et ses esclaves noirs les uns après les autres, etne pouvant plus gouverner son bateau, essaya de gagner la rive à la nage.11 se noya dans les rapides. Tels sont les détails que Barth recueillit àBousa de la bouche d’un vieux Touareg, qui avait assisté au combat.
1. VAfrique, p. 497.