434 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Le major denham, le docteur Oudney , le lieutenant Clapperton partis deMourzouk en 1822, entrèrent en 1823 à Ivouka, dans la capitale du Bornou .Le sultan les accueillit bien, non toutefois sans une certaine défiance.Denham explora le lac Tsad . Clapperton visita Kano et Sokoto ; Oudney etClapperton moururent près de cette dernière ville. John et Richard Lanrler,compagnons de Clapperton , explorèrent le bas Niger on Konara, et en recon-nurent les embouchures dans le golfe de Bénin (1S30).
One autre expédition anglaise, celle de la Pléiade, sous la conduite dudocteur Baïkie, compléta l'œuvre des frères Lânder (juillet-septembre 1834);elle explora le grand affluent du Niger , la Benoué, et reconnut le cours in-férieur du Kouara et son delta.
En 1849, un ministre protestant, ardent abolitionniste, James Richardson ,proposa au gouvernement anglais un vaste projet d'expédition scientifiqueet commerciale dans l’Afrique saharienne et les grands Etats du Soudan .Un premier voyage l’avait conduit de Tripoli à Ghadamès , et de là à Ghât et au Fezzan . Le ministère anglais et la Société britannique pour l'abolitionde l’esclavage approuvèrent ses plans. Il vint à Paris pour s’associer commecompagnons de route quelques compatriotes de Caillé, mais ses démarchesn’aboutirent pas. Il s’adressa à l’Allemagne , et deux jeunes savants deHambourg , Adolphe Overweg et Henri Partit, consentirent avec enthousiasmeà le suivre : Partit qui se rendit le plus célèbre des trois, avait sur euxl'avantage d’une force athlétique et d’une santé de fer. L’expédition réunieen mars 1830, à Tripoli , acheva de s’organiser à Mourzouk en juin, ets’achemina vers les régions Ilaoussa, par l’oasis d’Aïr. Richardson mourutd’épuisement dans le Bornou , à Ngouroutoua, à la fin du mois defévrier 1851; Ooenoeg explora le lac tsad, et succomba à la fièvre sur sesbords à la fin de septembre 1852 ; Partit rendit à tous les deux les derniersdevoirs, et continua sa route vers l’ouest, par Sinder et Sokoto ; il franchitle Niger à Say, puis son affluent de droite, la Sirba, et par le pays desSonrhay, remontant vers le nord, arriva à Kabra, puis à Timbouktou, le7 septembre 1853. A l’exemple de Caillé, Partit se fit passer pour un arabe,et s’attribua même le titre de schérif. Protégé par le puissant cheik El-Bakay, qui imagina de le présenter au peuple comme un envoyé du grandsultan de Stamboul, grâce surtout à son sang-froid et à sa circonspection,il échappa aux périls qui ne cessèrent de le menacer. Il fit, malgré lui, unséjour de sept mois dans la ville, où une fièvre pernicieuse le saisit. 11 ensortit le 20 mars 1854, escorté par cent cavaliers Touareg, qui veillèrentsur lui jusqu’à Gao (Niger ), et reprit la route du Haoussa. Il rencontradans une forêt, avant d’atteindre Kouka, le voyageur prussien Vogel, envoyépour remplacer Richardson, et tous deux séjournèrent à Kouka. Partit rentraà Tripoli le 27 août 1853. La Société de géographie de Paris décerna àl’illustre voyageur sa grande médaille d’or.
Vogel essaya de pénétrer dans l'Ouadaï et fut assassiné à Abèchi, capitaledu pays, en 1856. On était sans nouvelles du voyageur depuis quatre ans,lorsqu une commission scientifique formée à Gotha organisa une expéditionpour aller à sa recherche. On en confia la direction à M. de Ileuglin, explo-rateur éprouvé par un long séjour dans le Soudan égyptien . Tandis queHeuglin et ses compagnons devaient gagner le Darfour et l’Ouadaï par lamer Rouge , Massaouah et Khartoum , un autre allemand , Moritz de Beurmann,avait offert de les rejoindre par le Fezzan et le Sahara , en reprenant l’iti-néraire de Vogel. Beurmann vit le lac Tsad et Kouka, mais fut malheu-reusement assassiné comme son compatriote dans l’Ouadaï en 1861 : quantà l’expédition principale, elle dépassa à peine Khartoum , et fut dissoute à