444 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Avant de quitter le village de Foria, les voyageurs, pourlaisser une trace quelque peu durable de leur approche du lieusacré, gravèrent profondément sur un des plus beaux arbres. dela forêt voisine l’inscription suivante :
C. A. V. (C. A. Verminck).
NIGER EXPÉDITION.
3 X. 1870.
J. ZwEIFEL. - M. MOUSTIER.
Le 3 octobre, ils reprirent le chemin de la côte, et le 6 no-vembre, ils rentraient à Port Lokkoh. Ils avaient, entre le littoralet Falaba, parcouru des pays qu’avant eux les deux Anglais Laing et Reade avaient déjà traversés; mais de Falaba à Kon-lako, ils avaient franchi des territoires entièrement inexplorés,et s’ils n’avaient pas pu voir le Djoliba à sa source la plus re-culée, ils avaient découvert les premiers et les principauxaffluents du Niger , et parmi eux le Falico et le Tembi. — Partis au nombre de 73, à la plus malsaine époque de l’année, ilsrevinrent au complet. Cette expédition, pendant laquelle lesvoyageurs ont conquis l’amitié et la confiance des chefs et dessujets africains à force de patience, de douceur et de justice, enrespectant scrupuleusement leurs usages et en les considérantnon comme des êtres dégradés, mais comme des hommes, ho-nore à la fois le négociant généreux qui en a été le promoteur,et les deux vaillants chefs de comptoirs qui l’ont conduite etmenée à bonne fin 1 .
TiniSioiiKt»u. — Voyages <le René Caillé et «l'Oscar Leni.
Le premier Européen qui soit entré dans Timbouktou est un Français , unpauvre matelot des Sables d'Olonne, Paul Imbert. Pris par les Maures à la
1. Celte entreprise a été dignement récompensée. La Société de géographie deMarseille, associant dans un hommage commun le promoteur et les exécuteursde l’exploration des sources du Niger , a décerné, dans sa séance du 1 er oc-tobre 1880, sa grande médaille d’or et des diplômes d’honneur collectivement etindividuellement à MM. Verminck. Zvveifel et Moustier. La Société de géographie de Paris leur a aussi donné une médaille, et le ministre de l’Instruction publiqueles palmes académiques.