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kola n’est pas moindre. Tous les serments se prêtent surces graines, le nègre étend la main sur elles, jure, et lesmange ensuite.
» Le féticheur compte ou feint de compter spécialementsur l’a tirait de cette précieuse graine comme sur une offrandepropre à apaiser le courroux du mauvais dieu de la terre, etil l’exige pour éloigner la maladie et l'infortune, assurerle bonheur et une moisson abondante. A la mort d’un ami,l’ami place pieusement quelques kolas sur son corps pour luipermettre sans doute de faire le voyage ; aucune route unpeu longue n’est entreprise, en effet, par un Africain sansune provision de ces graines, qui peuvent dispenser le voya-geur de toute autre nourriture. Enfin, pour clore cette nomen-clature des croyances et des superstitions qui entourent lekola, disons que les mabométans n’hésitent pas à affirmeraux croyants que c’est un fruit d’origine divine apporté parle prophète lui-même. » Edouard Heckiîl,
(Bulletin de la Société de géographie de Marseille, avril-juin 1SS3.)
lies fourmis et les termites du Soudan .
« Dans aucun des pays du Soudan que je visitai, je ne ren-contrai d’effroyables multitudes de vers et d’insectes comme auBaghirmi . Il s’y trouve des myriades de grands vers noirs,nommés hallou ouendi , longs comme les pins grandes chenilles,mais beaucoup plus gros, qui dévorent une partie considérabledes produits du sol. Un autre insecte plus petit, mais non moinsvorace, est le koundjoungdjoadou, scarabée jaune, long de undemi-pouce environ, dont les pauvres habitants se vengent dela même manière que d’autres le font des sauterelles, c'est-à-dire en le mangeant lorsqu’il est devenu gros à leurs dépens. Unautre fléau, ce sont les fourmis noires et blanches, contre les-quelles j’eus moi-même à soutenir une lutte aussi vaine qu’a-charnée. Ayant vu que ces voraces insectes menaçaient dedétruire complètement mon lit, je le posai sur plusieurs pieuxsolides et très élevés; mais il ne fallut qu’une couple de jours àl’ennemi pour prendre également celte position, après avoir