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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SOUDAN .

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caution, on sexpose souvent à voie, en une seule nuit, les caisseset les boites gravement avariées, et il arrive même quen unedemi-heure le sac usuel en peau de chameau, se trouve percé depart en part. » (Du Bornou au Baghirmi , Tour du Monde, 2 mB se-mestre 1880, page 371.)

Le lac Tcliad ou Tsa<l>

Le lac Tsad a été exploré par Denliam, Richardson et Barth ; Ovenveg en atraversé larchipel en canot, Vogel a passé une année entière sur ses bords,Rohlfs la visité, Nachtigal en a parcouru le littoral du nord et du sud.Le nom de Tsad , en langue kanouri, a le sens de grand amas deau. Le lacest à 278 mètres daltitude : il reçoit les eaux du Bornou , du Baghirmi , del'Ouadaï du sud, dune partie du'Darfour . « Cest une vasque plate, ditNachtigal , aux rebords très irréguliers et formant des berges plus ou moinsinclinées. » Sa superficie est denviron 27 000 kilomètres carrés, à peu prèsl'étendue de la Sicile . » Cette surface nest pas toute en eau; un tiers enest pris par de nombreuses iles formant archipel et essaimant surtout dansla partie orientale. A l'ouest même, la nappe liquide est loin de se pré-senter densemble : presque partout le regard sy heurte à des traînées dilotsnus ou garnis de végétation, ou bien perd sur des marécages couvertsde roseaux. » Le lac est alimenté par le komodougou ou fleuve Yéou, àlouest (long de 600 kilom., large de 80 à son embouchure), par le Mboulou,le Gambarou et surtout par le Chari, au sud, auquel Nachtigal donne800 mètres de largeur à 70 kilomètres de son embouchure et une vitessedun mètre à la seconde. Le lac Tsad est un lac deau douce : cette Cas-pienne africaine, dont les rives et iles sont riches en natron et en sel, nedevient jamais salée. Larchipel intérieur est peuplé de Bouddouma, ouYedina, peuple formé de tribus diverses qui ont fui devant les invasions;la plus peuplée des îles compte à peine 1000 habitants; plusieurs sont in-habitées; les insulaires sont environ 12 ou ItiOOO. Quelques-uns sontcultivateurs : la plupart vivent du produit de leurs bestiaux. Ils sont enmajorité musulmans.

« Le lac Tsad na pas une eau pure et belle ; son ap-parence est marécageuse, et ses rives sont infectées demoustiques, véritable fléau pour les hommes et les chevaux.Je suis obligé de dormir près du lac dans une hutte dechaume toute remplie de fumée, car il me faut y entretenirdu feu la nuit entière pour chasser ces insectes. Kouka, si-tuée à sept milles anglais à louest du lac, a moins de cousins,mais les mouches y sont innombrables ; il est vrai que la na-ture paraît avoir pourvu à la destruction de ces diptères parlexistence de deux petites espèces de lézards, qui courent parmilliers sur les murs avec une incroyable rapidité, et dévo-

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