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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SOUDAN . 471

(le si belles espérances, je ne gagnai à cette expédition que lerenom de nètre bon à rien.

» .Je me souviens que sur le premier tronc ainsi in-

vesti se tenait un jeune homme de haute taille, qui, se cou-vrant de son bouclier, et encouragé par les cris des femmesqui étaient avec lui, décochait contre nous ses traits inof-fensifs, puis, après chaque coup, seffaçait derrière sa gabion-nade en osier, ou bien, se dressant triomphalement et àdécouvert de toute sa hauteur, serrait le poing dun air dedéfi en menaçant les agresseurs. Ce fut une des premièresvictimes. Un second indigène, qui se trouvait dans le bran-chage, atteint à son tour, se cramponna un instant auxrameaux, puis vint sabattre sur le sol dune hauteur de20 mètres. Incontinent toute la meute fondit sur lui, et, enun clin dœil, il fut littéralement dépecé. Un troisième,blessé aussi, se réfugia avec les siens à létage supérieur ducotonnier, en laissant couler de longs filets de sang du troncjusquà terre. Ce malheureux était le dernier habitant adultede larbre. Aussi les assiégeants, pris dun accès de bravoure,se décidèrent-ils à faire lescalade. Un instant après, chiens,poules, chèvres, tout dégringolait ; le blessé était égalementjeté en bas pour quon lachevât, et femmes et enfants étaientviolemment tirés de leur refuge ; pas un cri, pas une plaintene sortit des lèvres de ces malheureux, qui se laissèrent lieren faisceau, pour sen aller en esclavage, làme brisée par lamort des leurs et lanéantissement de leur liberté. Le coton-nier dont on eut le plus de peine à faire la conquête étaitoccupé par un homme seul, qui, renonçant à toute espé-rance, avait commencé par se réfugier dans sa hutte. Celle-ciayant pris feu, il se retira vers la cime de larbre, laissantainsi les assiégeants libres de grimper à léchelle flottante.Enfin il fut blessé et tomba. Immédiatement on le mit enpièces. Mais à ce moment on aperçut deux jeunes garçons, àpeine adolescents, qui battaient en retraite à leur tour versles hauteurs extrêmes du cotonnier. Ils restèrent jusquàce que les vainqueurs vinssent à eux : puis, sitôt que ceux-ciapprochèrent, avec lhéroïsme du désespoir, ils se précipité-