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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SOUDAN .

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» Le général Faidherbe, ce souverain juge des choses duSénégal , na pas craint de comparer lexpédition hardie de notrecolonne aux prouesses de Fernand Cortez, à cela près queFernand Cortez déshonora sa gloire par ses brigandages et quenos soldats allaient accomplir au Soudan une œuvre de paix etdhumanité. Ils étaient chargés de préparer la construction de lavoie commerciale qui reliera notre colonie au centre de lAfrique ,et détablir à cet effet, du haut Sénégal au Niger , une ligne depostes fortifiés. Leur chef avait lordre de saboucher avec lespopulations pour les gagner à nos projets, de conclure avec ellesdes traités, de leur persuader que le commerce enrichit plussûrement que la guerre, de protéger les caravanes, de venir enaide aux honnêtes gens qui veulent travailler, de dégoûter deleurs entreprises les larrons et les pillards. C'était à peu près lamission dun bon gendarme, et, si le métier de gendarme nestpas toujours commode en Europe , il lest bien moins encore enAfrique .

» Avant de partir de Kita, le colonel avait envoyé en avant-garde lun de ses officiers les plus braves et les plus intelligents,M. le capitaine Pietri, accompagné de quelques tirailleurs etdouvriers du pays. Le capitaine devait organiser le service desvivres, améliorer les chemins, modifier les rampes daccès deplus dun marigot et les rendre praticables à nos petites piècesrayées de montagne. Il était en route depuis trois semainesquand la colonne sébranla. Forte dun demi-bataillon ou deprès de cinq cents combattants, elle marchait en file indienne,seul ordre de marche possible en ce pays. Un peloton de spahis,composé de seize blancs et de dix-sept noirs, la précédait enéclaireur, suivi à 100 mètres de distance par les ouvriers auxi-liaires dartillerie. Puis venaient le colonel, son état-major etson clairon, un détachement dinfanterie de marine, la batterie,une compagnie de tirailleurs indigènes commandés par des offi-ciers français , les deux trains de mulets du convoi régimentaireet du convoi général, les mulets de cacolets, les cantines médi-cales. Une seconde compagnie de tirailleurs formait larrière-garde, que suivait le troupeau de bœufs, conduit par les bergers,les boulangers et les bouchers.

» . Le colonel sétait bercé de lespoir quil pourrait tra-

verser le Petit-Bélédougou et atteindre Bamako sans brûler uneamorce. Il nétait pas allé au Soudan pour sy battre, mais pourtenir en respect les batailleurs. A son vif regret, les nouvelles

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