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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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478 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

alarmantes quil reçut dissipèrent son illusion. Il nen pouvaitplus douter, les Bambaras du Bélédougou se disposaient à luibarrer le passage, il était obligé ou de souvrir un chemin devive force ou de prévenir l'ennemi en lattaquant chez lui, et,ce qui l'affligeait davantage, il fallait en découdre avec des gensqui sont nos amis, nos alliés naturels.

» On ne choisit pas toujours ses amis, surtout en Afrique , etceux que nous avons au Soudan laissent beaucoup à désirer. Lenoir est un enfant vaniteux, tapageur et pillard. La guerre luioffre loccasion désirée de revêtir un costume de couleursvoyantes, de faire beaucoup de bruit, et cest en se battant avecses voisins quil se procure des captifs. Or, le captif est le capitalroulant, le billet de banque du Soudan .

» Ajoutons que leur religion est fort rudimentaire ou plutôtquils nen ont point. Leurs seuls prêtres sont leurs sorciers,leurs seuls dieux sont leurs fétiches, dont la ligure est souventétrange. Une chose prouve plus que tout le reste combien leurintelligence est bornée, cest quils n'ont pas même la faculté delétonnement, qui est le commencement de la science. Le télé-graphe électrique que notre colonne établissait partout sur saroute ne leur faisait point ouvrir de grands yeux, ils écoutaientdun air insouciant les explications quon leur donnait, ils disaientpar forme de conclusion : « Eh quoi ! cest la parole qui marchele long dun fil. Les blancs savent faire cela. » Ceux dentre euxqui sont venus à Paris ny ont rien trouvé dadmirable. Je m:trompe : de retour dans leur village, ils ont raconté dune voixémue quun soir ils avaient vu une femme court vêtue, qui galo-pait en rond, debout sur un cheval. La seule merveille qui eûttriomphé de leur indifférence était une écuyère de cirque.

» Cependant il ne faut pas les calomnier. S'ils ont des défauts,ils ont bien leurs qualités. Sils aiment trop la guerre, ils nigno-rent pas les arts de la paix, et leurs cultures, leurs maisons, leursoutils, font honneur à leur industrie naturelle. Mais, ce qui leurvaut surtout notre bienveillance et ce qui nous attire leur sym-pathie, cest que nous avons de communs ennemis. Ainsi quenous, les Bambaras fétichistes ont à se défendre contre les sultanstoucouleurs, contre les insolents mépris de ces conquérants m usul-mans, au cœur superbe et avare, célèbres par leurs massacres,qui ont juré de convertir, le sabre au poing, toute lAfrique cen­ trale à la loi de lIslam, contre ces insatiables exploiteurs duSoudan , qui tiennent les peuples à la gorge et dont on a dit que