ISO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
dont je n’avais pas besoin. Quoi qu’il en soit, il n’y a plus qu’àtomber le plus rapidement possible sur le chef de Daba et à l'airelin exemple qui arrête court toute extension de la révolte. Je n’aini les hommes ni les munitions nécessaires pour faire la conquêtedu Bélédougou village par village. Je bâte ma marche, malgréla fatigue de tous. »
» Le lendemain, la colonne rejoignait l’avant-garde sur lesbords du Baoulé, et, quittant la route de Bamako , on faisait unepointe au nord-est pour atteindre Daba en trois étapes. On mar-chait depuis dix jours, on était las, mais il n’y paraissait point;il n’v avait pas un traînard. En approchant du village, on dutcheminer quelque temps à travers la brousse, dont les herbesétaient si hautes, que les spahis et leurs chevaux y disparaissaienttout entiers. Le 16 janvier, au matin, l’avant-garde déboucha à130 mètres de Daba. Une fois encore le capitaine Pietri essaye deparlementer. Des coups de fusils lui répondent; le tirailleur quilui sert d’interprète tombe mortellement blessé. Le pelotonexécute quelques feux de salve, se replie en bon ordre et attendla colonne.
» Contrairement à l’usage général au Soudan de bâtir lesvillages dans des fonds, Daba est situé sur un léger renflementde terrain, et le regard n’y pouvait plonger. Ce qu’on en voyaitn’était pas rassurant. Le bourg était entouré de toutes parts d’unvaste tata en quadrilatère, c’est-à-dire d’une de ces muraillesd’argile construites successivement par assises horizontales de1 a à 20 centimètres de haut, qu’on laisse sécher durant vingt-quatre heures avant de continuer l’ouvrage. Le mur de défensede Daba avait plus d’un mètre d’épaisseur. Les maisons, égale-ment en argile, ne laissaient paraître que leurs toits, mais onpouvait s’assurer qu’elles étaient couvertes en terre et non enpaille, qu’il n’y avait aucune chance de les incendier. Plus tardon s’apercevra que chacune de ces maisons est une vraie case-mate, environnée de petits tatas qui se relient les uns aux autresavec des flanquements, ne laissant pour la circulation que desruelles étroites, tortueuses, qu’enfilent les feux de nombreuxredans crénelés.
» Se croyant invincibles derrière leurs murs et méprisantnotre petit nombre, les" défenseurs s’apprêtaient à résister brave-ment. Ils avaient accompli toutes les cérémonies qui accom-pagnent une déclaration de guerre et dans lesquelles le rôleprincipal est rempli par leurs griots. Les griots du Soudan sont