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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Le Sénégal , en aval de Saldé, tourne à l'ouest, et se partage en plusieursbras ou marigots; le marigot de Doué forme lile à Morfil (ou des Elé-phants) ; un autre rattache le fleuve, à droite, an lac C-ayor; à gauche, aulac Panié-Foul; le Sénégal finit en aval de file est située Saint-Louis ,capitale de la colonie française .

Navigabilité du Sénégal . « Les lits du Sénégal et de ses af-» fluents, au lieu dêtre ouverts au courant, sont, à des distances» variables, coupés par des bancs de roches plus ou moins élevés,» formant, parfois, comme au Félou, à Gouina, à Bily, de véri-» tables cataractes. En arrière de ces barrages naturels se sont» créés des biefs à eaux profondes et sans courant sensible. Ce» fait étant connu, il est facile de se rendre compte du phé-» nomène qui survient au moment des pluies torrentielles de» lhivernage. Lénorme quantité deau qui tombe en quelques» jours étant peu absorbée par les flancs dénudés des val-» lées dérosion, fait rapidement déborder les biefs; les bar-» rages sont submergés, les cascades recouvertes, et de grandes» masses liquides se précipitent dans les biefs inférieurs, qui» semplissent à leur tour. Le mouvement se continue ainsi jus-» quaux plaines du bas Sénégal , qui ne tardent pas à se chan-» ger en immenses marais. De les crues subites et périodi-» ques, qui rappellent, par leur régularité, celles du Nil .

» Dès que les pluies cessent, les sources étant seules à fournir» le débit, les barrages supérieurs se découvrent, puis les bar-» rages inférieurs, et peu à peu, le torrent sétant écoulé vers» la mer, le fleuve nest plus alimenté que par les minces filets» deau qui séchappent des fissures des cataractes ; mais en» arrière delles, il reste de vastes réservoirs pleins.deau. Ces» réservoirs, dans les hautes régions, sont préservés contre léva» poration par lépaisse végétation qui borde les rives de presque» tous les cours deau et forme au-dessus de leurs lits une voûte» de verdure interceptant les rayons du soleil, et maintenant,» pendant la saison sèche, une certaine fraîcheur aux abords.

» La navigation permanente du Sénégal pour nos avisos à va-» peur sarrête à Mafou. Elle peut seffectuer pendant trois mois» jusquà Bakel et pendant quatre mois jusquaux Rayes, en aval» du rapide des Kippes. En dehors deces courtes périodes, lanavi-» gation entre Mafou et Médine nest pas possible aux avisos et» devient même précaire pour les chalands dun tirant deau de» plus de 40 centimètres. Pour donner une idée des difficultés» de la navigation du Haut-Sénégal en basses eaux, nous dirons