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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

3° Les tribus noires qui se divisent en races diverses, ou famillesvariées dune même race par la couleur plus on moins foncée, par les formeset le degré d'intelligence. Les principales peuplades noires sont les Peuhls ou Peuls , ou Fellatahs, dans le Foula, le Damga, le liondou, le Fouta-Bjallon, d'un brun rougeâtre, aux cheveux plats, aux traits européens. Leurmélange avec la race noire a produit les Toucouleurs, race fanatique etbelliqueuse, disséminée dans les provinces voisines de nos colonies, gou-vernée par les rois de Ségou, et qui est pour nous la plus dangereuse detoutes. Les Malinkés, Soninkés, Mandingues et Sarracolets

ou Sarracoiais * 1 noirs de liante taille, sont guerriers, les premiers surtout,et très commerçants. Les Mandingues sont très avides et ombrageux, pas du ftout fanatiques, et détestent les Européens en qui ils devinent des rivaux Idangereux pour leurs bénéfices. Les Sarracolets sont des musulmans dévots.

Les Ouolofs et les Séréres du Cayor, du Oualo, du Djolof, des paysde Baolet de Sine, sont particulièrement remarquables pour'leur beauté etleur force. Les Diulas ont une constitution, une langue et des coutumesdifférentes des autres tribus nègres; ils sont plus laids, plus grossiers, plusdégradés que leurs congénères; ils se tatouent le corps, et sont fétichistes.

Les Bambaras sont originaires du haut Niger ; la conquête les a conduitsjusquaux rives du Sénégal dans le Kasso, le Kaarta et les hautes vallées;moins noirs que les Ouolofs, et plus foncés que les Peuls, ils ont la peaucouleur bronze rougeâtre, et les cheveux laineux 2 . Les Bambaras sont pas-sionnés pour la musique et la chasse. Ils font un grand commerce divoire.

Les Laobés, race qui se retrouve dans toute la Nigritie, sont les Bohémiensde lAfrique . Les Laobés vivent à laventure, sans'lien politique, sans orga-» nisation sociale. Partout on les méprise et on les supporte; ils sont m-» dustrieux, travaillent les bois durs et font ces calebasses dans lesquelles

» les indigènes mangent le couscous. Ils fabriquent les pilons, les mortiers fj» et quantité douvrages de même nature. Ces hommes font du négoce et se» retrouvent partout, colporteurs infatigables et marchands sans scrupules.

» Cest par une exception qui causait aux indigènes une grande surprise» que, dans la province de lakao, les Laobés sont cultivateurs et quils>. élèvent une grande quantité de bestiaux. On les voit aller de village en ,

» village, montés sur les ânes chargés de leurs outils. Quand ils campent, ils :

» élèvent des huttes de branchages. Ils sétablissent dordinaire sur la ,

» lisière dun bois et achètent des chefs du pays le droit de séjourner. Nulle i

» part ils ne connaissent ou on ne leur permet lusage de la propriété fon- j

» cière. Il y a autour des hommes de cette race comme une barrière; ils ne j

» se marient quentre eux, et même un captif musulman regarderait comme j

» un déshonneur dépouser une de leurs filles. Ils ne pratiquent aucune j

» rejetés de plus en plus loin de la rive droite du Sénégal . De plus, cest à partir» de Bakel que laspeet physique du pays prend un caractère particulier. »fD r Colin, médecin de la marine, le Soudan occidental, Revue maritime, juillet1S83.)

1. Un écrivain nègre, M. Horton, dit que Soninkés désigne les Mandinguespaïens, et le voyageur Heequard prétend que ce mot signifie buveur ; MM. Mageet Faidherbe en font un non de race, la race de Soni,

2. « Les Bambaras, dit M. Galliéni, sont industrieux, très sobres et très éco-« nomes; le général Faidherbe les appelle les Auvergnats de la Sénégambie. Do» plus, leur répugnance à se soumettre aux lois de lIslam , et leur haine contre» ies successeurs dEl-Hadj-Omar doivent nous les faire considérer comme nos» alliés naturels dans notre entreprise vers le Niger et le Soudan central. >»