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» religion déterminée et font profession de dire la bonne aventure. » (DeChozals, l'eulhs et Foulahs, p. 336.)
Justice. . — Cour d’appel à Saint-Louis ; tribunaux de premièreinstance à Saint-Louis et à Gorée ; cour d’assises à Saint-Louis . —Instruction publique : Ecoles congréganistes à Saint-Louis , Dakar , Gorée,Joal; écoles laïques à Bufisque (802 garçons et 18 instituteurs, 324 filleset 17 institutrices). Saint-Louis a une école des fils de chefs (indigènes)fondée par le gouverneur Faidherbe, et une d’apprentis pour les bois et lesmétaux. — Cuites : Catholique sous la direction d’un préfet apostolique,évêque in partibus. Le plus grand nombre des noirs est converti à l'isla-misme, et poussé par ses marabouts au fanatisme et à la superstition. —Finances. Le budget colonial de l’Etat s’élève en dépenses à 3610900 francspar an. — Le budget local (recettes et dépenses) est de 2698263 francs.— Monnaies. La seule légale est la française ; on emploie pour le troc lapièce d’étoffe dite gainée. (La pièce d'étoffe ou guinée de 15 mètres vautà Saint-Louis environ 12 francs en détail.) — Armée . Garnison composéede cinq compagnies d’infanterie de marine, deux batteries d’artillerie, unecompagnie d’ouvriers, un escadron de spahis, un de conducteurs sénégalais ,deux bataillons de tirailleurs sénégalais : hôpitaux militaires à Saint-Louis et à Corée .
RÉSUMÉ HISTORIQUE
Les débuts de la colonie. — Le Sénégal est la plus vieille colonie dela France . Dès l’année 1368, les hardis marins dieppois , qui disputaient auxnavigateurs portugais l’honneur et les profits des découvertes sur une côteinconnue, abordèrent dans la baie de Dakar : la richesse du sol, la facilitéet les gros bénéfices du commerce les y retinrent ; ils établirent une suitede comptoirs depuis le cap Vert jusqu’au fond du golfe de Guinée . « Leurs» affaires prospérèrent; en échange d’objets de valeur minime, ils obte-» naient des peuplades sauvages, la gomme, le poivre, l’indigo, l’encens,» l’or, l’ivoire, toutes marchandises de haut prix. C’est de cette époque que» date l’industrie de l’ivoire sculpté qui fait encore aujourd’hui la fortune» de Dieppe 1 . »
Les désastres de la guerre de Cent ans, et les guerres civiles arrêtèrent
1. J. Ancelle, les Français au Sénégal {Revue de géographie , mars 1883). —Nous signalons avec plaisir cet excellent travail, où abondent les informationsprécises. Nous avons consulté aussi avec profit, pour la rédaction de cette noticehistorique, Y Histoire de la colonie française du Sénégal, par M. Ernest Fallot,qui renferme une étude très complète et très bien faite des événements contempo-rains ( Bulletin de la Société de géographie de Marseille , 1882-3), et l’intéressantchapitre sur le Sénégal , de M. Gaffarel {Colonies françaises , 1880, in-8°). Enfinnous avons le devoir de rendre hommage, pour tout ce qui concerne André Brüe ,à la science et aux recherches profondes de M. Berlioux, professeur à la Facultédes lettres de Lyon , dont la thèse si originale et si consciencieuse a révélé lehéros inconnu qui fut sous Louis XIV , avec Cavelier de la Salle , le plus illustrefondateur de la puissance coloniale de la France . {André Brue , 1874, in-8°, Paris .)
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