516 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,ses courses ou promenades, causant avec lui ou chantant,c’est-à-dire criant ses louanges ou celles de ses ancêtres ens’accompagnant d’une espèce de guitare à deux ou troiscordes, ou cherchant dans leur répertoire quelque sujet quipuisse égayer le maître; puis le soir c’est encore à eux querevient le soin de distraire la société, soit par des romances,soit par des récits de leur invention. Plus le griot a le talentde se rendre amusant, plus il est choyé, et certains d’entreeux finissent par avoir une véritable renommée.
» Les tisserands travaillent le coton une fois que les femmesont préparé le fil ; ils font une étoile épaisse et assez solide,d’une largeur de 20 à 25 centimètres, grossièrement tissée,qui sert à la confection de leurs vêtements ; les hommes lescousent eux-mêmes, et vont jusqu’à les broder avec des soiesde différentes couleurs qu’ils se procurent dans nos comptoirs,car en dehors de l’indigo qu’ils ne manient que d’une façontrès primitive, ils n’ont aucune notion des teintures.
» Les forgerons comprennent aussi les bijoutiers qui tra-vaillent l’or et l’argent, ils sont rares, mais ne manquent pasd’habileté. Leurs bijoux sont massifs ou souillés et repoussés,ils consistent en bracelets, colliers et boucles d’oreilles àl’usage des femmes ; ils font en outre des applications surcorne et des incrustations sur de l’ébène. Avec les simplesoutils dont ils disposent, on est réellement étonné des résul-tats qu’ils obtiennent et tous leurs ouvrages sont empreintsd’une certaine originalité. Le forgeron proprement dit fa-brique les instruments aratoires ou plutôt l’instrument ara-toire en usage, les hameçons pour la pêche, les dards pourharponner le poisson, etc. ; mais là il n’y a ni grande adresseni grand talent à déployer. Tout le fer en général dont ils seservent provient des comptoirs européens. La pioche est leseul instrument qu’ils emploient, et ils l’installent de façonà se fatiguer le moins possible. Figurez-vous une petite pelleplate avec un manche droit d’environ 0 m ,50 de long, auquelon en adapte un second de i ,o ,50 à peu près, formant avec lepremier un angle presque droit, et reliés l’un à l’autre parune entre-toise, servant à les assujettir et à maintenir l’écar-