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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ÉGYPTE . 649

» race égyptienne , écrit M. Maspero ( Histoire ancienne, page 16), se ratta-» che aux peuples blancs de lAsie antérieure par ses caractères ethno-» graphiques; la langue égyptienne se rattache aux langues dites sémi-» tiques par sa forme grammaticale. » Nous navons pas à retracer ici l'histoirede l'Egypte ancienne, qui a été, suivant lexpression de M. Renan, une« espèce de phare au milieu de la nuit profonde de la très haute antiquité. »Lannée 527 avant Jésus-Christ marque le terme de l'existence nationale delEgypte . Après la conquête de Cambyse , elle servit denjeu aux rivalitésétrangères ; touT à tour pevsique, grecque, romaine, byzantine, arabe etturque ; successivement païenne, chrétienne et musulmane, elle perdit danscette variété de servitudes tout sentiment dindépendance, tout souvenir desa gloire antique. Seule, au temps des Ptolémées ;332-30 av. J.-C.). Alexan­ drie devint un des foyers les plus brillants de la civilisation hellénique.Plus tard, les envahisseurs et les barbares détruisirent ses monuments, etla domination étrangère courba et abrutit les âmes des indigènes. Les fel-lahs misérables des bords du Nil , les Coptes avilis qui habitent aujourdhuiles villes sont les derniers restes du peuple des Pharaons .

LEgypte au dix-neuvième siècle; Mohammed-Ali.Au dix-neuvième siècle, lEgypte sortit brusquement de lobscuritéson histoire restait comme ensevelie. Lexpédition française de 1798 eut lapremière gloire de cette résurrection (v. p. 675). Le gouvernement du khédiveMohammed-Ali parvint à laccomplir. Mohammed-Ali (1769-1849),à Ravala (en Macédoine ), fils dun surveillant des routes turques, parvintpar son courage, son habileté et sa fourberie au grade de général desArnautes qui servaient en Egypte , et supplanta dans la faveur du sultanSélim III , le- gouverneur de lEgypte , Khosrew-Facha. Servant tour à touren qualité de mercenaire, tantôt les Mamelouks contre les Turcs, tantôt lesTurcs contre les Mamelouks, ruinant ses alliés comme ses ennemis, fomen-tant ou réprimant les révoltes suivant les besoins de sa cause, laventurieralbanais fut créé pacha en 1805. Les Mamelouks essayèrent de le renverser;il fit alliance avec lun de leurs deux beys, Osman Bardissy, contre lautreEl-Elfy, et dun seul coup ruina leur influence. Les Anglais essayèrent deprendre Alexandrie (1807) : le général Fraser fut repoussé, et mille tètesde prisonniers anglais furent exposées sur la place de Roumelieh, au Caire .En 1811, pour en finir avec la faction des Mamelouks, dont la rapacité etla turbulence continuaient à troubler l'Egypte , Mohammed-Ali résolut delanéantir. La Porte, inquiète de voir grandir ce vassal redoutable, quelleavait investi du titre de vice-roi ou Khédive, venait de lui envoyer lordredaller combattre en Arabie les Ouahabites, qui sétaient rendusmaîtres des villes saintes . Mohammed-Ali nosa pas désobéir, mais avantde sengager dans une guerre lointaine et périlleuse, à travers le désert etcontre des peuplades fanatiques, il voulut ne laisser aucun ennemi derrièreses troupes, et le massacre des janissaires fut secrètement décidé.

« Le mai 1811, il les invita tous, au nombre de quatre cent qnatre-» vingts, à une fête dans la citadelle du Caire; ils sy rendirent en troupe,» montés sur leurs beaux chevaux richement équipés, parés de vêtements» précieux et d'armes splendides. Us avaient à peine franchi létroite ruelle» ombragée de hauts murs qui conduit à la porte El-Azab de la citadelle,» quun coup de canon fit trembler lantique muraille : Mohammed-Ali» donnait à ses soldats albanais le signal de la boucherie. Soudain, par» toutes les fenêtres, par toutes les lucarnes, jaillirent léclair et le fracas» dune fusillade bien ajustée. Cétaient les Albanais qui ouvraient le feu,» cachés derrière lépaisseur du rempart. Une centaine dhommes et de