» race égyptienne , écrit M. Maspero ( Histoire ancienne, page 16), se ratta-» che aux peuples blancs de l’Asie antérieure par ses caractères ethno-» graphiques; la langue égyptienne se rattache aux langues dites sémi-» tiques par sa forme grammaticale. » Nous n’avons pas à retracer ici l'histoirede l'Egypte ancienne, qui a été, suivant l’expression de M. Renan, une« espèce de phare au milieu de la nuit profonde de la très haute antiquité. »L’année 527 avant Jésus-Christ marque le terme de l'existence nationale del’Egypte . Après la conquête de Cambyse , elle servit d’enjeu aux rivalitésétrangères ; touT à tour pevsique, grecque, romaine, byzantine, arabe etturque ; successivement païenne, chrétienne et musulmane, elle perdit danscette variété de servitudes tout sentiment d’indépendance, tout souvenir desa gloire antique. Seule, au temps des Ptolémées ;332-30 av. J.-C.). Alexan drie devint un des foyers les plus brillants de la civilisation hellénique.Plus tard, les envahisseurs et les barbares détruisirent ses monuments, etla domination étrangère courba et abrutit les âmes des indigènes. Les fel-lahs misérables des bords du Nil , les Coptes avilis qui habitent aujourd’huiles villes sont les derniers restes du peuple des Pharaons .
L’Egypte au dix-neuvième siècle; Mohammed-Ali. —Au dix-neuvième siècle, l’Egypte sortit brusquement de l’obscurité oùson histoire restait comme ensevelie. L’expédition française de 1798 eut lapremière gloire de cette résurrection (v. p. 675). Le gouvernement du khédiveMohammed-Ali parvint à l’accomplir. Mohammed-Ali (1769-1849), néà Ravala (en Macédoine ), fils d’un surveillant des routes turques, parvintpar son courage, son habileté et sa fourberie au grade de général desArnautes qui servaient en Egypte , et supplanta dans la faveur du sultanSélim III , le- gouverneur de l’Egypte , Khosrew-Facha. Servant tour à touren qualité de mercenaire, tantôt les Mamelouks contre les Turcs, tantôt lesTurcs contre les Mamelouks, ruinant ses alliés comme ses ennemis, fomen-tant ou réprimant les révoltes suivant les besoins de sa cause, l’aventurieralbanais fut créé pacha en 1805. Les Mamelouks essayèrent de le renverser;il fit alliance avec l’un de leurs deux beys, Osman Bardissy, contre l’autreEl-Elfy, et d’un seul coup ruina leur influence. Les Anglais essayèrent deprendre Alexandrie (1807) : le général Fraser fut repoussé, et mille tètesde prisonniers anglais furent exposées sur la place de Roumelieh, au Caire .En 1811, pour en finir avec la faction des Mamelouks, dont la rapacité etla turbulence continuaient à troubler l'Egypte , Mohammed-Ali résolut del’anéantir. La Porte, inquiète de voir grandir ce vassal redoutable, quelleavait investi du titre de vice-roi ou Khédive, venait de lui envoyer l’ordred’aller combattre en Arabie les Ouahabites, qui s’étaient rendusmaîtres des villes saintes . Mohammed-Ali n’osa pas désobéir, mais avantde s’engager dans une guerre lointaine et périlleuse, à travers le désert etcontre des peuplades fanatiques, il voulut ne laisser aucun ennemi derrièreses troupes, et le massacre des janissaires fut secrètement décidé.
« Le mai 1811, il les invita tous, au nombre de quatre cent qnatre-» vingts, à une fête dans la citadelle du Caire; ils s’y rendirent en troupe,» montés sur leurs beaux chevaux richement équipés, parés de vêtements» précieux et d'armes splendides. Us avaient à peine franchi l’étroite ruelle» ombragée de hauts murs qui conduit à la porte El-Azab de la citadelle,» qu’un coup de canon fit trembler l’antique muraille : Mohammed-Ali» donnait à ses soldats albanais le signal de la boucherie. Soudain, par» toutes les fenêtres, par toutes les lucarnes, jaillirent l’éclair et le fracas» d’une fusillade bien ajustée. C’étaient les Albanais qui ouvraient le feu,» cachés derrière l’épaisseur du rempart. Une centaine d’hommes et de