la population male des villages qu'on eiichainait et qu'on incorporait de viveforce dans les troupes 1 .
Mohammed-Ali envoya à Paris une mission composée de jeunes genspour étudier les sciences et les arts de l’Occident : le premier essai ne futpas heureux, ils revinrent pour la plupart aussi ignorants, moins dociles,et plus présomptueux qu’ils n'étaient partis.
Kn Egypte meme, les institutions dues aux étrangers furent plus fécondes.L’Ecole de médecine et le Con'éeil de santé, sous la direction du docteurClot-ltey, opérèrent de grandes améliorations dans la santé et l’hygiènepubliques; plusieurs hôpitaux furent créés, la vaccine introduite", desquarantaines établies. Le canal de Mahmoudieh fut ouvert; des culturesnouvelles, coton, oliviers, mûriers, furent propagées avec succès. Malheu-reusement le khédive écrasa les fellahs de corvées et d’impôts payés ennature, et les déposséda; toutes les propriétés passèrent entre ses mains,et les anciens possesseurs du sol furent réduits à l’état de journaliers tra-vaillant pour le compte et au profit d’un maitre; le gouvernement se réser-vait en outre le commerce extérieur, et exerçait le plus rigoureux des mo-nopoles. Cette tyrannie odieuse ne cessa que" le jour où l’Europe y mit unterme, lit supprimer le monopole, changer la forme de l’impôt et rendre aufellah le droit de vendre librement ses récoltes et le fruit de son travail.
En même temps Mohammed-Ali poursuivait ses conquêtes et ses guerres.De 1821 à 1823, il soumettait la Nubie et le Kordofan et fondait au con-fluent des deux Nils la forteresse de Khartoum . En 1824, le sultan Mahmoudavait imploré contre la Grèce révoltée le secours de son puissant vassal, etcelui-ci lui envoya des vaisseaux et une armée. La flotte tureo-égyptiennefut écrasée à Navarin (182T); le général Maison força Ibraliim-Vadia, lilsdu khédive, à évacuer la Morée (1828). La guerre contre les Grecs avaitcoûté à Mohammed-Ali trente mille hommes et 20 millions; il réclamacomme salaire le pachalik de Damas pour Ibrahim : Mahmoud refusa.L’armée égyptienne envahit la Syrie et battit trois généraux turcs à lloms,à Hama, à iîeylan, à Konieh (1832). Constantinople était menacée : l’Europe intervint, et imposa aux belligérants la convention de Koutaïeh (1833) quilaissait au vice-roi le gouvernement de la Syrie tout entière. Ce fut unetrêve. La Porte humiliée recommença la guerre en 1838. Ibrahim écrasa denouveau les Turcs à Nezib, et la flotte ottomane capitula et fut emmenéeprisonnière à Alexandrie (1839). Les puissances européennes intervinrent
1. M. Sèves organisa l’armée de terre, et après lui, les généraux Boyer, Livron,les colonels Gaudin, Rey, Varin, d’autres encore fournirent à ('Egypte une infan-terie, une cavalerie et une artillerie; M. Planat fonda une école d’état-major.Quand l’armée française était entrée à Alexandrie en 1798, elle y avait trouvédeux caravelles on construction. A Navarin, en 1827,1e vice-roi miten ligne G3 vais-seaux et 100 batiments de transport. Cette flotte détruite, il résolut d’en équiper uneautre. Cette fois, il ne voulut pas l’acheter en pays étranger ; il fonda a Alexandrie des chantiers et un arsenal. Il ût venir un constructeur de la marine de Toulon ,M. do Cerisy ; et en cinq ans (1828-1833), grice à l’activité du directeur des tra-vaux, à l’énergique volonté du vice-roi, sur la plage aride et déserte d’Alexandrie s’éleva un arsenal complet pourvu d'ateliers, de magasins, d’une corderie grandecomme celle de Toulon ; des chantiers sortirent 30 bâtiments, dont 10 vaisseauxde ligne de 100 .canons; la population égyptienne avait fourni tout le personnel,ouvriers et matelots, nécessaire à cette flotte formidable. Une école de navigationfut instituée, et des officiers français , et parmi eux M. Besson, furent charges del'armement des vaisseaux égyptiens et de l’instruction de leurs équipages; 1 or-ganisation de la flottedu khédive fut exactement copiée sur celle de la l-’rance.