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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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652 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

encore une fois ; lannée égyptienne dut rétrograder. La France conseilla àMohammed-Ali de céder. Un traité, complété parunhatti-shérif assura la pos-session héréditaire de l'Egypte à Mohammed-Ali, touten confirmant la suze-raineté de la Porte (1841). Un nouvel acte du sultan, du 8 juin 1867, agranditencore ces concessions qui fondaient la nouvelle dynastie égyptienne; Lekhédive observa loyalement le pacte, et Abdul-Medjid , en témoignagedestime, lui conféra la dignité de grand vizir honoraire. En 1848, Moham-med-Ali, tombé en enfance, remit le gouvernement à son fils Ibrahim : ilmourut, un an après, dans son palais dété de Choubrah, bâti au milieu dejardins splendides qui sont aujourdhui la promenade habituelle desCairotes et des étrangers établis dans la capitale. Son tombeau a étéplacé dans la mosquée qui porte son nom, quil avait lui-même édifiée etq,ui est un des plus beaux monuments du Caire . Ses réformes brusqueset violentes, implantées siir un sol non préparé, et superposées à la barbarienative, nont guère pénétré au-dessous de la surface. Les résultats acquisont été jusquà ce jour profitables surtout à la dynastie elle-même, auxspéculateurs étrangers, et il faut le dire à lhonneur de Mohammed-Ali ,à la science et aux arts de lantique Egypte .

Les successeurs de Mohammed-Ali . Ibrahim-Pacha , filset successeur de Mohammed-Ali , ne fit que passer sur le trône. Aprèsquatre mois de règne (1848), il fut remplacé par Abbas-Pacha,son neveu, fils de Toussomn. Musulman fanatique, ennemi de la ci-vilisation occidentale, hostile à linfluence française, docile à la voix delAngleterre jalouse de notre action et de nos découvertes, Abbas compromitlœuvre de régénération commencée. Il mourut en 1854, et son oncle,quatrième fils de Mohammed-Ali , Saïd-Pacha , régna. Elevé à leuro-péenne, et ami de la France , le nouveau vice-roi poursuivit les réformeset les étendit. Cest lui qui supprima les monopoles et rendit aux fellahsla liberté individuelle et le droit de propriété, qui acheva le barrage duNil , et autorisa M. de Lesseps à construire le canal de Suez. En 1863,son neveu, Ismaïl , lui succéda. Sous le règne de ce prince, les institutionsnouvelles furent maintenues, les travaux continués, les études scientifiquesencouragées. LEgypte étendit sa domination sur le llaut-Nil , dans leSoudan égyptien , sur la mer Rouge , jusquaux frontières de lAbyssinie,des grands lacs intérieurs et des territoires des Çômalis et des Gallas.Mais le gaspillage financier fut énorme. Le khédive, en dix ans de règneavait emprunté à des conditions onéreuses 2 milliards et demi. Une ban-queroute était imminente : Ismaïl-Pacha consentit h accepter linterventioneuropéenne dans la gestion des finances de lÉgypte . Deux ministresétrangers, lun anglais , M. Rivers Wilson, lautre français , M. de lili-gniéres, entrèrent dans le cabinet égyptien (1879). Des ° conflits ne tar-dèrent pas à sélever sur le service de la dette, le khédive ne voulut passe soumettre au contrôle, et destitua les deux Européens. La France etlAngleterre exigèrent de la Porte la déposition dIsmaïl. Elle fut accordéepar le sultan, et le pouvoir transmis à Tewfik-Pacha , fils d'Ismaïl , sousle contrôle anglo-français pour tout ce qui concernait les financeségyptiennes. Alors éclata (en 1881), une émeute militaire suscitée par leparti national égyptien, qui entendait supprimer le contrôle. Le 9 sep-tembre, quatre mille hommes de la garnison du Caire , commandés parle colonel Arabi-liey, entourèrent le palais du khédive, demandant la destitu-tion du cabinet, laugmentation de larmée, une assemblée de notables, etc.Le cabinet fut renversé, et le prétendu parti national appelé au pouvoir.A la suite de nouveaux troubles, Arabi fut nommé ministre de la