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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
dant, ouvert sur la face nord, au niveau de la quinzième assise,et qui n’a qu’un mètre de hauteur. Engagé dans ce tuyau rec-tangulaire et incliné, ténébreux et glissant, où l’on a fait dans lesol quelques entailles rustiques pour rendre la descente un peupraticable, je me suis vu, après cinquante pas d’une marcheétouffante, à la lueur et à la fumée des flambeaux, obligé deremonter vers la lumière du jour et de regagner l’air respirable.
J’ai su par mes compagnons que ce couloir, d’environ centmètres de longueur, aboutit à une chambre creusée dans le roc,trente mètres plus bas que la base de la Pyramide. En remon-tant le canal qu’on a si péniblement descendu, on trouve unautre corridor, celui-là également oblique, mais ascendant, quiconduit à une galerie horizontale à l’extrémité de laquelle s’ou-vre une petite chambre en granit, dite de la Reine, dont le pla-fond est formé de blocs inclinés l’un sur l’autre comme les deuxversants d’un toit. En retournant sur ses pas, le visiteur re-prend le couloir ascendant et il entre dans une galerie pluslarge qui, suivant la même ligne, le conduit à la chambre ditedu Roi.
» .Quelle était la destination des Pyramides?Faut-il y voir
autre chose que des tombeaux? Ne sont-elles pas, au moins la plusgrande, un dépôt des connaissances astronomiques et géométriquesque possédaient les Égyptiens il y a six mille ans. Ont-elles unrapport voulu ou fortuit avec la grandeur du degré terrestre propreà l’Egypte ? Est-co par hasard que la base de la Pyramide deCliéops est juste la vingt-sept millionième partie du rayon del’équateur? Sur ces questions, notre guide n’hésite point: « Les» grandes Pyramides, dit Mariette, sont des tombeaux massifs,
« pleins, bouchés partout, sans fenêtre, sans porte, sans ouver-» ture extérieure ; elles sont l’enveloppe gigantesque d’une mo-» mie, et leur masse immense ne saurait être un argument» contre leur destination funéraire, puisqu’on en trouve qui» n’ont pas six mètres de hauteur. Notons d’ailleurs qu’il n’est» pas en Egypte une pyramide qui ne soit le centre d’une né-» cropole et que le caractère de ces monuments est par là am-» plement certifié. » Franchement, il est bien difficile de ne pasadopter cette opinion quand on a vécu, ne fût-ce que six se- [
inaines, dans ce pays où la mort est, de tous les cultes, le plus j
sacré ! En se reportant par la pensée aux hypogées de Biban-el- IMolouk, l’on conçoit que, dans les plaines de Memphis commedans les souterrains de Thèbes , la grande préoccupation des rois