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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

» à se sauver indemnes, il n'y a point dexemple quun homme» isolé, fuyant devant un lion, nait point perdu la vie.

» Les fauves habitués à léclair et à la détonation des armes» à feu, comme ceux qui sont fréquemment chassés et qui ne» trouvent point, aux lieux quils habitent, suffisance de gibier» à se mettre sous la dent, sont toujours plus hardis et plus re-» doutables que ceux qui hantent des districts giboyeux et ne» rencontrent que rarement un visage humain. Cest ainsi que» les lions du pays des Matabélés , comme ceux qui vivent aux» bords des rivières Maretsané et Setlagolé, ont le renom dêtre» très agressifs. Nul carnassier, sauf le renard, ne déploie du» reste autant dastuce que le lion pour semparer dune proie» difficile à attraper. Une troupe de ces fauves est-elle sur une?) piste, elle sessaie à organiser une battue ; souvent aussi la» bande se sépare ; une partie, se guidant sur un point de re-» père, sapproche tout doucement du gibier, et, au moment» voulu, so montre à lui pour le chasser du côté le reste do» la bande se tient à laffût. Cest un procédé quils appliquent» notamment à légard des animaux qui, grâce à leur vélocité» (chevaux et zèbres), peuvent se dérober aisément au péril,» comme à ceux à qui la hauteur de leur taille (girafes) permet» de voir par-dessus les grandes herbes, ou dont la chair leur» est un régal tout spécial.

» Cest ainsi que, peu de temps après mon arrivée à Panda» ma Tenka, deux zèbres se trouvèrent égorgés dans un des pc-» tits vallons latéraux. Une troupe de ces animaux paissait dans» le fond; survinrent des lions qui considérèrent un instant» les zèbres; après quoi, deux dentre eux, se détachant du groupe,» filèrent en aval le long de la pente boisée de la vallée. Les» autres saccroupirent à terre. Les deux traqueurs dépassèrent» lendroit étaient les zèbres; puis, à 200 pas de envi-» ron, ils se faufilèrent de leur côté. Comme ils se trouvaient» sous le vent, les zèbres les dépistèrent avant quils les eussent» approchés, et se mirent à remonter au pas le vallon, non» sans regarder fréquemment derrière eux. Les deux lions qui» les suivaient levaient, eux aussi, de temps en temps la tète» par-dessus les herbes, de sorte que les zèbres finirent par» prendre le galop. Ils allèrent ainsi, sans se douter de rien, sc)> jeter juste dans la gueule des fauves, qui, blottis contre terre,» bondirent tout à coup au passage. Deux des pauvres bêtes» restèrent sur la place, ayant chacune un lion en croupe, et