GABON ET OGOOUÉ. 745
soin d'achever les préparatifs. Il devait choisir l’emplacement des deuxstations hospitalières que le comité français de l’Association internationaleafricaine désirait fonder sur l’Ogooué et lé Congo . Remontant le premier deces fleuves jusqu'au confluent de la Passa, il y établit en janvier 1880, àNghimi, la station de Frauceutlle, située environ à 815 kilom. du Gabon .Tandis qu’il envoyait à Lambarèné un de ses hommes, M. Michaux, pouraller chercher le docteur Ballay et M. Mizon, enseigne de vaisseau, désignépour être le chef de la première station, il se dirigea vers le Congo , avecl’intention de fonder la seconde station, en amont des cataractes. Maladeet épuisé, il traversa les plateaux du il’Paka, des Aboma, découvrit denouveaux affluents du Congo , et pénétra sur le territoire des peuplesBatêkè, soumis à la domination du roi Makoko. Ces populations paci-iiques firent au voyageur un accueil sympathique : sa réputation l’avaitprécédé parmi eux, il put librement descendre la rivière Lcfini et se ren-dre à Ilolobo, chez les Oubendji Apfourou s, nation belliqueuse qui avaitreçu Stanley à coups de fusils, et dont les chefs sont maîtres de la navi-gation du Congo , (fe l’Alima, de la Licona et de l’Ikelemba, entre Ntamoet le pays des Mangalas. Stanley avait semé la terreur parmi ces popu-lations, et n’avait « laissé de son passage que le souvenir des trente-deux» combats qu’il avait livrés. »
U. de Bmza chez le roi Hlalcolcoet chez les Oubendji.
« Nous suivions depuis peu la rivière Léfini {Lawson), etnous venions de construire un radeau, lorsqu’un chef, portantle collier distinctif des vassaux de Makoko, se présente à moi. —« Makoko, me dit-il, connaît depuis longtemps le grand chefblanc de l’Ogooué ; il sait que ses terribles fusils n’ont jamaisservi à l’attaque et que la paix et l’abondance accompagnent sespas. Il me charge de te porter la parole de paix et de guider sonami. » — Rarement j’éprouvai une joie plus vive, et déjàj’aurais voulu être auprès de cet excellent Makoko; toutefois,ne me rendant pas bien compte de la position de sa résidence,et craignant de faire un trop long détour, je continuai à des-cendre le Léfini en radeau, accompagné de l’envoyé de Makokoqui partageait généralement avec nous les provisions qu’on luiapportait de tous côtés.
» Arrivés à Ngampo, nous laissons notre radeau et marchonspendant deux jours sur un plateau inhabité. Brûlé par le soleil,plusieurs fois égaré et me croyant perdu, je commençais à me-nacer mon guide, lorsqu’à onze heures du soir, après une der-niere marche forcée, notre vue s’étendit sur une immense napped eau dont l’éclat argenté allait se fondre dans l’ombre desplus liantes montagnes. Le Congo venant du nord-est où il appa-