LE CAP. 791
» environ. Chaka introduisit en outre une nouvelle façon de combattre,
» jusqu'alors inconnue parmi les indigènes de l’Afrique australe , savoir» l’ordre de bataille en phalange serrée et l’emploi de la lance-estoc ( irua ),
» au lieu de l’ordre épars en usage de tout temps, et de l’arme de jet» (incusa), peu efficace, puisque chaque soldat ne pouvait guère porter sur» lui plus de cinq de ces engins, et que, ces traits une fois lancés à la» distance de 90 pieds, l'homme demeurait désarmé. »
Chaka dompta l'une après l'autre toutes les tribus nègres depuis le Limpopo jusqu'au Cap : le Transvaal , Natal, le Basoutoland, l’Etat d’Orange subirentle joug; il fallait choisir entre la servitude ou la mort. Le féroce roiZoulou tombait à l'improviste sur les tribus, faisait égorger les chefs enne-mis, et massacrer des peuplades entières, au moindre signe de résistance.Dans toutes les fêtes et cérémonies, on versait à Ilot le sang : telle était laterreur ou tel l’enthousiasme inspirés par ce tyran, que sur un ordre de lui,ses soldats se frappaient et mouraient en célébrant sa grandeur. C’était leDahomey transporté dans l’Afrique australe . Chaka fit périr tous ses enfantsen bas âge; les peuples voisins fuyaient devant ses cruautés ; c’est ainsique les Fïngos (ou Cafres chiens), abandonnant les plaines et les montagnesdu Natal, cherchèrent un asile au pays des Galekas, qui les accueillirent,mais en firent leurs esclaves, jusqu’au jour où les Anglais les déli-vrèrent (1834). La dernière armée de Chaka fut enfin anéantie en 183S parla peste et par les Boërs. Chaka lui-même fut tué par son frère Dingaan ,dans son village royal sur le bord de la rivière Umvoti.
Dingaan l ut un monstre du même genre, avec moins d’éclat et plus encorede perfidie. On a vu plus haut le massacre de ltetief et de ses compagnonsd’armes près d’Estcourt. (Voirp. 186.) En 1839, son frère Panda, soutenu parFrélorius et les Boërs, le renversa; il s’enfuit chez les Amazonazis où il futassassiné par un de ses officiers. Les lîoërs proclamèrent roi Panda, d’humeurmoins belliqueuse, et de mœurs plus tolérantes. Il n’empêcha pas néanmoinsses deux fils Cettiwayo et Vmbalazi de se livrer des combats acharnés. En1812, Tamia mourut, et Cettiwayo, avec l’appui des Anglais , fut proclaméroi. Le gouvernement britannique comptait sur les Zoulous pourteniren échecles iîoëfs, et favorisait même le développement des institutions militaireschez ce peuple belliqueux. En 1813, en présence de tout son peuple,Cettiwayo se lit couronner solennellement roi des Zoulous parsirShepstone,secrétaire des affaires indigènes de la colonie de Natal.
Les relations d'amitié cessèrent brusquement en ISIS, lorsque l’Angle-erre annexa le] Transvaal à la colonie du Cap . On accorda, il est vrai, àCettiwayo une rectification de frontières avantageuses, mais on prétenditlui imposer un résident Anglais , l’obliger à réduire son armée et àrenoncer au vieux système de service militaire obligatoire en usage dansses Etats, et qui faisait de son peuple une nation de guerriers redoutables.Cetliwayo refusa d’obéir aux ordres de l’Angleterre: il se montrait d'ailleursfort peu sympathique aux missionnaires anglicans dont les enseignementslui semblaient dangereux. Le gouverneur du Cap, sir Bartle Frere , malgréses tentatives de conciliation, ne put éviter la guerre. A la fin de jan-vier 1879, quaire colonnes anglaises envahirent par trois cotés le territoirede Cettiwayo. Les Zoulous. armés de fusils de modèle européen, furentd’abord partout vainqueurs. Le 4 février, un détachement (le mille Anglais ,était anéanti à Isandhlawana 1 ; le 12 et le 28 mars, deux autres furent taillés
.1. Ces quatre colonnes étaient commandées en chef par lord Chclmsford, et en
45.