834 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
tireurs d'horoscopes). La reine consulta ses sorciers, et, sur leur avis,exila tous les Français amis de Eikout, MM. Laborde, Lambert et leurfamille, au grand désespoir de Rakout (1837).
Le roi Radama II (1861-1862). — La mort de Ranavalo, sur-venue le 18 août 1SG1, amena la disgrâce du vieux parli hova; son filsRakout, proclamé roi, sous le nom de Radama II , aux applaudissementsdu peuple, rouvrit file aux étrangers, rappela ses amis proscrits, abolit lesdouanes, et envoya M. Lambert comme ambassadeur en France . Le gouver-nement impérial, tout en réservant expressément les droits de la France ,commit l’imprudence de reconnaître, comme roi de Madagascar , Rallanta 11.Le commandant Dupré représenta l'empire au couronnement du nouveausouverain, qui donna des fêtes somptueuses aux Européens. Sous la tenteoù fut célébré le festin, on voyait suspendus les drapeaux réunis de Mada gascar , de France et d’Angleterre, au-dessus d'écussons de feuillages por-tant les initiales N. R. V., Napoléon, Radama, Victoria. Un traité fut signépar Radama qui accordait la liberté de conscience, la juridiction des consulsde chaque pays, la libre circulation aux étrangers, et donnait aux Français la faculté d'acheter, de vendre, prendre à bail, d'exploiter les terres, mai-sons et magasins (art. 4). M. Laborde fut nommé consul de France à Tanana-Tive, M. Lambert créé due d’Imerne. La grande ile, par la volonté de sonjeune roi, allait enfin s’ouvrir pacifiquement à notre commerce et à notreindustrie. A Paris , sur les instances de M. Lambert, fut constituée, sous lepatronage du gouvernement, une Compagnie de Madagascar , au capital de30 millions, avec un gouverneur, il. de Richemont, un résident, il. Lam-bert, un conseil d’administration ; sans parler d'un Institut composé d'in-génieurs, négociants, savants, mécaniciens, agriculteurs, etc., chargé de re-cueillir toutes les notions utiles à la colonisation projetée. Quand la missionarriva à Tamatave (1 er août 1865), elle apprit qu’une révolution venaitd’éclater à Tananarive : après un règne de huit mois, Radama II , victimed’une conspiration tramée par les méthodistes anglais coalisés avec le partides sikidys et des vieux Hovas, avait été étrangle, et ses partisans empri-sonnés ou massacrés. Les traités furent déchirés, la Compagnie de Madagascar dissoute. Toutefois le gouvernement impérial exigea de la nouvelle reinedes llovas, Rasoaherina, une indemnité de 900,000 francs, qui ne futpayée qu'à grand’peine en 1860.
La reine Ranavalo II (1869-1884). — La veuve de Radama II mourut en 1869. Elle fut remplacée par sa cousine Iiamoma, qui régnasous le nom de Ranavalo II. Le traité français, , laissé en suspens parla feue reine, fut enfin signé le 4 août 1868. ïl accordait aux Français lafaculté de pratiquer librement et d'enseigner leur religion {art. 1U); il leurassurait une complète protection pour leurs personnes et leurs propriétés, lafaculté, comme aux sujets de la nation la plus favorisée, et en se conformantaux lois et aux réglements du pays, de s’établir partout où ils le jugerontconvenable, de prendre à bail ou acquérir toute espèce de biens, meubles etimmeubles, et de se livrer à toutes les opérations commerciales et industrielles qui11 e sont pas interdites par la législation intérieure, etc. Ce traité ne fut pasrespecté.'
Ranavalo II épousa son premier ministre, Rainilaiarivoni , et tous deuxse convertirent au protestantisme (1869). Alors la mission anglaise de Ta nanarive enveloppa File entière d’un réseau de propagande : une chapelleroyale fut construite dans la capitale, et sur l’instigation des missionnaires,ies fétiches, les idoles, les sampys (dieux lares), furent partout livrés auxllammes. Cinq sectes méthodistes se disputent depuis quinze ans, à Mada-