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6. Les mauvais directeurs.
De tous les fazendeiros dont j’ai fait la connaissance il n'y en aqu’un seul qui parle l'allemand , les antres ont donc été obligés dèsle principe de se servir de directeurs allemands. A très peu d’hono-rables exceptions près, ces gens-là appartiennent à la plus misérableclasse d’hommes qui existe. Plus ils sont rampants devant leurs maîtres,et plus aussi leur condnite est insolente, brûtale et injuste envers lescolons. Plus d’un fazendeiro se laisse malheureusement prendre à lavile flatterie de ces factotum et prêle l’oreille à des plaintes injustesportées contre des colons-. Si ces derniers pouvaient s’entendre direc-tement avec le propriétaire, les rapports souvent très-tendus qui lesséparent feraient place à des procédés plus amicaux. Ces directeurs,la plupart sortis de la lie du peuple, n’ayant par conséquent pas lamoindre éducation, au point qu’il arrive souvent qu’ils savent à peineécrire, ont déjà été la cause de bien des malheurs des colons.
7. Justice défectueuse.
Je prends la liberté de rendre Votre Excellence attentive à cemême objet contenu dans mon mémoire au Gouvernement Impérial,dans lequel j’ai touché tant les défectuosités de la législation, queles vices qui existent dans l’administration de la justice. S'il plaisaitau Gouvernement Impérial de remédier aux abus existants dans lesens que j’ai indiqué, il ferait par là un pas des plus importants enfaveur de la colonisation. Je remarque seulement ici exprsssément que’es colons ne sont pas aussi complètement dénués de toute protectionde la part des tribunaux qu’on aime à le croire en Europe . Il y aparmi les fonctionnaires judiciaires un grand nombre d’hommes intègres,impartiaux et bienveillants qui accomplissent strictement leurs devoirs.Ceci soit dit surtout des magistrats supérieurs, c’est moins le caschez les juges de paix à la barre desquels les colons sont appelés enpremière instance. Ces magistrats sortis des rangs du peuple, sontnommés par lui; par malheur il arrive souvent qu’ils ne sont pas assezindépendants pour juger avec impartialité.
8. Découragement des Colons.
Toutes les causes que nous venons de développer ont puissammentcontribué à jeter parmi la plupart des colons un très-grand décou-ragement, ils ont perdu tout goût du travail; ils voient qu’il leur fautencore travailler des années pour se libérer, puis ensuite de nouveauune sére d’autres années pour atteindre le but capital qu’ils se sontproposé, celui d'être propriétaires à leur tour. Ceux qui ont obtenules plus grandes avances de leurs communes sont précisément ceuxqui sont le plus découragés, et le plus grand bien qui pût leur ar-river, ce serait de leur relâcher une partie de leurs dettes. Ils se