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Rapport de l'envoyé extraordinaire de la Confédération suisse au Brésil : (du 6 octobre 1860) / Monsieur de Tschudi, au Conseil fédéral sur la situation des colons établis dans ce pays
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province qui s'est acquise une si fâcheuse réputation, tant en Suisse quen Allemagne , par le système suivi par la maison Vergueiro et Cie.,nu tel centre, dis-je, prouverait bien mieux que de longues disserta-tions que la colonisation dans la Province de St. Paul peut assurerle bonheur de bien des familles et doit attirer bon nombre d'émigrants ;puisque, je le répète, cette province réunit toutes les conditions dé-sirables pour la satisfaction des désirs et des vœux des colons.

Le but de la colonisation au Brésil nest point de remplacer letravail des noirs par celui dhommes libres. Le principal but du Gou-vernement Impérial est, à mon avis, dopposer à lindolence et à laparesse lintelligence et le travail, et lon ne peut mieux obtenir pa-reil résultat pour la province de St. Paul quen y fondant un centrecolonial.

Les colonies florissantes et lexemple de celles de la province deRio Grande do Sul le prouvent bien; non-seulement elles augmententla richesse de la province et du pays entier, mais encore avec lecours des années et laccroissement de la colonisation, elles contri-buent à lassimilaüon des gens du pays avec les étrangers, de tellesorte que les deux parties se complètent lune par lautre, tant sousle rapport du service et du travail que sous celui des transactions à'égard des terres superflues.

Je ne manquerai pas de faire ressortir à Votre Excelleuee les servicesque rendrait encore un centre colonial de cette nature sous le rapportreligieux. On pourrait y placer un Pasteur protestant avec lobligationde visiter deux fois par an les autres colonies de la province. Cettemesure contenterait les colons; ce qui serait dautant plus importantque leurs plaintes de navoir aucun secours de leur .religion ont enle plus grand retentissement en Europe et ont été, comme jai enlhonneur de lobserver à Votre Excellence, une des causes qui ontarrêté limmigration pour le Brésil .

Partageant entièrement les vues de Votre Excellence que la pro-duction doit être placée près de la consommation, jai recherché pen-dant mon voyage quelle serait la localité qui offrirait le plus davantagespour la réalisation dun projet de cette nature, et jespère avoir trouvéun emplacement qui réunit toutes les conditions désirables.

Cet emplacement est situé entre Ilù et de Porto Feliz , préci-sément à deux lieues de chacune de ces villes. Cest une ancienne fa-zenda nommée v Capoava existaient des plantations de sucre etqui actuellement est presque abandonnée. Elle a une lieue de longueursur une demi-lieue de largeur; de plus, dans son voisinage se trouventdautres terrains que les propriétaires seraient tout disposés de vendre,parce que .selon le système agricole destructeur du Brésil , ils ne rap-portent pas même lintérêt de la valeur que les propriétaires en exi-gent. Cet emplacement, à la proximité de deux villes, assure aux co-