40 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
les Scots continuèrent à vivre indépendants et formèrent, sous Kennet II,un seul royaume, Scotland ou Ecosse ; la division en comtés date dudouzième; Edimbourg en devint la capitale en 1437. Durant cinq siècles,des guerres sans cesse renaissantes ensanglantèrent l’Ecosse : guerres ci-viles entre les compétiteurs à la couronne ; guerres féodales entre les roiset les chefs de clans; guerres étrangères entre les rois d’Angleterre suze-rains de l’Ecosse , et leurs vassaux rebelles, alliés de la France , les Baliol,les Wallace, les Bruce, qui tentaient de s’affranchir. L’extinction de la fa-mille de Robert Bruce , dans la personne de son fils David II , vaincu parEdouard III , fit monter au trône la maison des Stuarts , avec Robert II (1371). Jamais pays ne fut plus troublé que l’Ecosse pendant les deuxsiècles qui suivirent; Jacques I er (1437) et Jacques 111 (1488) furent assas-sinés ; Jacques II (1460) et Jacques IV (1513) périrent sur le champ debataille dans les guerres contre l’Angleterre; Jacques V , trahi par la no-blesse écossaise à la veille d’un combat, succomba à sa douleur (1542), etsa fille, Marie Stuart , victime de l'opposition féodale , du fanatisme reli-ligieux et des haines politiques, termina, sur l’échafaud élevé par Elisabethd’Angleterre, une vie « ouverte par l'expatriation, semée de traverses,» remplie de fautes, presque toujours douloureuse, en un moment coupable,» mais ornée de tant de charmes, touchante par tant d'infortunes, épurée» par d’aussi longues expiations, finie avec tant de grandeur... » (Mignet.)En 1603. à la mort d'Elisabeth, les deux couronnes d’Angleterre et d’Ecosse furent reunies sous le sceptre de Jacques I er , fils de Marie Stuart (Jacques VIen Ecosse); chaque peuple garda toutefois son gouvernement, son parle-ment, ses lois et sa religion. L’union politique ne fut établie qu'un siècleplus tard par un acte du Parlement (1707).
Irlande . — Les 'navigateurs phéniciens, carthaginois et grecs dési-gnaient cette île sous le nom à’Icrn ou Irin; les Romains l’appelaient Ili-bernia. Les Irlandais primitifs étaient de race celtique. « Un des noms que» les anciens documents nationaux appliquent à leurs ancêtres est celui de» feinni, nom d’origine inconnue, dont les Irlandais insurgés contre l’auto-» rité anglaise ont fait de nos jours une appellation distinctive sous la» forme modernisée de Fenians. » (V. de Saint-Martin.) A cette périodede la vieille Irlande celtique, se rattachent les monuments mégalithiques,tumuli, cairns, dolmens, pierres levées, menhirs, et les ratks ou buttes deterre en forme d'enceintes ou camps retranchés qui couvrent le sol de l’ile.Dès le cinquième siècle, les Irlandais furent convertis au christianisme; leurpremier apôtre fut Patrick. L’ile était partagée au moyen âge en petitsroyaumes distincts, correspondant à peu près aux quatre grandes divi-sions actuelles : Leicester, Ulster, Connaught , Munster. Au neuvièmesiècle, les pirates danois formèrent quelques établissements sur les côtes;et en 1169, les Anglo-Normands , sous Henri II , firent dans l’ile leur pre-mière descente. Alors commença cette longue série de guerres sanglantes,suivies de spoliations, de proscriptions et de meurtres, qui, bien loind’étouffer la nationalité de l’Irlande et d’éteindre sa foi catholique, n’ont eupour résultat que d’exaspérer ses haines, et de creuser entre les deux îlesun abîme plus profond. Telles furent les persécutions dirigées par Elisa-beth, Jacques I or , et surtout par Cromwell , qui faisait vendre les jeunesfilles comme esclaves à la Jamaïque , brûlait les Irlandais dans leurs mai-sons, et ordonnait partout le massacre des garnisons prisonnières. Aussil’Irlande fut-elle, au temps de Jacques II et des Stuarts proscrits, un foyerd'insurrection politique et religieuse, et le lieu de débarquement préférédes troupes de Louis XIV et de Louis XV , qui tentèrent vainement de res-