86 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
comtesse de Carliste , la plus charmante femme de son temps.
» Il faut renoncer à décrire ce palais dont on sort ébloui, la tèteremplie d’images confuses, comme si l’on avait traversé enquelques heures six siècles d’histoire. Windsor est vraimentroyal, et ne ressemble à rien autre. Pour énumérer les souvenirsqui s’y rattachent, il faudrait épuiser les annales de la monar-chie... » (Francis Wey 1 , les Anglais chez eux, Paris , in-18, 1876,Hachette .)
Les « tenanciers » ou fermiers de l'Irlande (Connaught 2 ).
» Il y a deux catégories de tenanciers : les petits, qui ex-ploitent un lopin de terre au-dessous de 15 ares, et qui payentgénéralement une rente inférieure à 10 livres sterling (250 fr.),et les moyens ou les grands tenanciers, qui payent jusqu’à300 livres de rente, et même davantage.
»... Le petit tenancier construit lui-même son habitation. Iln’a qu’à se baisser pour ramasser les pierres, et il n’y a pas depaysan dans ce comté qui ne sache faire un mur. Il n’a pas be-soin de charpente, et le propriétaire lui permet ordinairementde couper gratis les grosses et les menues branches qui sup-portent son toit de chaume. L’apparence extérieure des habi-tations, même les plus pauvres, n’est pas désagréable à l’œil :elles sont proprement blanchies à la chaux; car la chaux ne
1. M. Wey (Francis), philologue et littérateur, né à Besançon en 1812, mort àParis en 18S2, ancien élève de l’École des Chartes , membre du Comité des Tra-vaux historiques, inspecteur général des Archives départementales, président dola Société des gens de lettres, visita la Belgique, la Hollande, l’Italie, la Suisse ,l’Angleterre, et écrivit ses impressions dans une série d’ouvrages intéressants.
2. « Le Gonnaught, qui occupe la région do l’ouest, est le moins favorisé delà» nature, et c’était autrefois une locution populaire d’envoyer les gens au diable» ou en Connaught. On croirait que toutes les pierres de la création s’y sont donné» rendez-vous. Le Connaught pourrait fournir de la chaux et des pierres de« taille bleues comme celles de la Belgique au reste du monde; mais on ne fait» de la chaux que pour les besoins du pays ; on se sert des pierres pour construire» les habitations, enclore les domaines et les champs, au lieu de haies, ce qui» ne contribue pas à la gaieté du paysage. Tantôt on se contente de les super-» poser grosso modo, tantôt on en fait de vraies murailles hautes et solides, avec
une crête crénelée. Nulle part je n’ai vu autant et de si beaux murs. Dans» les prairies paissent des moutons de haute taille, blancs, fourrés et appétis-» sants, dont l’aspect aristocratique et confortable contraste avec la misérable etn chétive apparence de la généralité dos habitants. » (De Molinatu. VIrlande, p. 33.)