92 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
ginois, les Bretons et les Romains ont tour à tour extrait les précieuxmétaux qui étaient transportés à Marseille par les voies fluviales de laGaule . De nos jours, les mineurs ont poussé l’audace jusqu’à creuser lesgaleries de mines sous les flots de la mer, à plusieurs centaines de mètresdu rivage.
« Les travaux de la mine de Botallack se trouvent presquetous au-dessous du niveau de la mer, et s’étendent même enpartie sous le fond; ils sont commencés depuis un temps immé-morial, et leurs premiers auteurs, ne soupçonnant pas sansdoute qu’ils dussent jamais avoir le développement qu’ils ontactuellement, ont eu l’imprudence d’enlever le minerai jusqu’àune si petite distance du fond de la mer, qu’elle a fini par se fairejour en un point que les eaux couvrent à chaque marée, etqu’elle s’est répandue dans les travaux. On a réussi à bouchercette entrée en y plaçant une plate-forme en bois, qu’on a re-couverte de gazon, et qu’on a chargée de pierres. Dans la gale-rie supérieure, le bruit de la mer, qui se brise sur les rochers,est assez fort pendant les tempêtes pour épouvanter les ouvriers ;on y distingue aussi le choc des cailloux qui roulent sur les ro-chers, et il se transmet alors jusque dans les travaux les plusprofonds.
» Le puits principal qui sert à l’épuisement des eaux, à ladescente des ouvriers, et par lequel s’opère une partie de l’extrac-tion, est creusé dans un rocher appelé Crown Rock, contre lequelles vagues se brisent continuellement. Ce puits descend jusqu’à228 mètres au-dessous du niveau moyen de la mer.
» .La mine de Botallack, qui, par la situation de son ori-
fice dans un rocher sans cesse battu par les vagues, et par ladisposition de ses machines sur une côte escarpée et sans abri,semble aux étrangers une espèce de prodige, n’est pas la seulede la Cornouaille qui présente des travaux sous-marins, on entrouve plusieurs autres dans le même cas sur la côte qui s’étenddu Landes End à Saint-Yves. C’est à cette classe que se rappor-tait la mine de Wberry, citée comme un monument de la har-diesse des mineurs de la Cornouaille. Elle était ouverte sur le
nues des anciens ; mais outre que ces îles renferment peu de filons, et qu'on peutcontester l’assimilation admise, on a fait remarquer que les rochers et les fa-laises de Cornouaille formaient souvent de véritables ilôts, comme le promon-toire de Botallak, et qu’ils portaient en maints endroits la trace de puits et degaleries, creusés à des époques très reculées. Strabon, Pline, Diodore de Sicile ,Timée mentionnent les exploitations des mines de Cornouaille.