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» élégance les fenêtres et les murailles. L’oranger, le citron-
» nier, le dattier passent ici l’hiver en plein air, fleurissent li-» brement et donnent des fruits mûrs. J’ai vu un arbre sur» lequel on avait cueilli jusqu’à cent vingt-trois citrons dans un» jour, tous excellents, et beaucoup plus doux que ceux qu’on» vend sur les marchés. On se croirait en Italie ou en Espagne ,» mais c’est l’Espagne humide, car l’herbe croît en abondance,» et le feuillage des arbres présente à l’œil les mêmes teintes» vigoureuses de vert bleu foncé, qui distingue la végétation» dans les autres contrées de l’Angleterre. »
Les riverains de la baie de Penzance et de celle de Saint-Yves, ceux deDartmouth, de Brixham et de Torquav, prennent pendant la nuit dans leursfilets des quantités énormes de pilchards , espèce de harengs vagabonds,surnommés les gypsies des mers, qui viennent par millions de la pleinemer, au printemps, se heurter aux promontoires Land’s End et Lizard 1 ;entassés dans des barriques, ces poissons sont expédiés surtout dans lesports de la Méditerranée, tantôt frais, tantôt salés; le rebut du pilchard estvendu comme engrais aux agriculteurs de la Cornouaille . La pêche annuellereprésente de 30 à 40 000 barils, d’une valeur de 2 à 3 millions. DansMount.’s Bay, la baie du Mont, en face de Penzance (ainsi nommée à causedu voisinage du Mont Saint-Micliel), cette industrie fait vivre 6 000 per-sonnes.
Mais de toutes les exploitations, la plus fructueuse est celie des mines.Le Devonshire a du cuivre et des carrières de granit, d’ardoises et de kao-lin; le chemin de fer de Plymouth à Tavistock , suivant les vallées ver-doyantes et boisées de la Plym et de la Ta'vy, pénètre à travers les rochesquartzeuses, qui annoncent la présence des minerais, au milieu desquelsTavistock est bâtie. Les gisements de cuivre et d’étain de la Cornouaille sontplus abondants que ceux du Devon . Le beau viaduc du chemin de fer deSaltash, jeté sur la Tamar par l'ingénieur Brunei , donne accès dans lecomté des mines; Saint-Austell, Truro, Itedruth, Camborne, Marazion, Pen-zance , sont les centres principaux de cette industrie plusieurs fois séculaire.C’est dans la péninsule Comique, et non dans l’archipel voisin des Scilly,riche en granit, mais pauvre en minerais 2 , que les Phéniciens, les Cartha-
1. « Tel est le nombre prodigieux de ces poissons, que la mer en eliange do» couleur; l’eau bout et saute, disent les pêcheurs, comme si elle chauffait au» feu dans un. chaudron. Le passage de ces bataillons sous-marins communique» à la surface des vagues, surtout pendant la nuit, une clarté phosphorescente» que les uns comparent à une montagne d’argent, les autres à une lumière» liquide, de même que si la lune s’était fondue et dissoute dans la masse des» eaux. Des navires à voiles ont été arrêtés ou contrariés dans leur marche» par ces bancs de pilchards s’étendant sur une surface carrée de sept à huit» milles et s’enfonçant à une profondeur de deux milles dans la mer troublée.« On dit alors que les eaux vivent , tant elles palpitent sous cette masse com-» pacte do créatures animées qui la traversent, toutes chargées d’écailles et d’é-» tincelles. » — (A. Esquiros, VAngleterre et la Vie anglaise , Revue des Deux-Mondes , l #r mars 1864.)
2. La plupart des géographes voient dans les il es Scilly les Çassitérides con-
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