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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

rivage, à l’ouest de Penzance, en un point que la mer ne dé-couvre que durant très peu d’heures à chaque marée. L’affleure-ment de la masse du minerai était couvert de plusieurs mètresd’eau à chaque marée, en sorte qu’on ne pouvait travailler quedurant quelques heures par jour, et, chaque fois qu’on revenait,on trouvait les trous remplis d’eau. Malgré ces obstacles, unsimple ouvrier mineur parvint, à la fin du siècle dernier, à ycreuser un puits, sur l'orifice duquel il éleva une tourelle enbois, soigneusement calfatée et goudronnée, qui ne laissait aucunaccès aux eaux. Au-dessus de cette tourelle, il plaça deux mo-lettes, sur lesquelles passaient deux câbles d’extraction, mis enmouvement par une machine à vapeur établie à 200 mètres delà sur le rivage. Il construisit ensuite, sur pilotis, un plancherhorizontal qui mettait le puits en communication avec le rivage,et permettait d’y transporter les matières extraites de la mine;l’exploitation prit alors une marche régulière. La masse stanni-fère (d’étain), exploitée par grandes chambres, donna pendantplusieurs années des masses considérables d’étain; mais un vais-seau mouillé près de là, ayant chassé sur ses ancres pendant lanuit, vint choquer la tourelle, qu’il renversa; l’exploitation futalors remplie d’eau, et on ne la reprit que plus tard. » (Dufré-noy, Élie de Beaumont, Coste et Perdonnet , Voyage métallur-gique en Angleterre, t. I er ; Paris , 2 vol. in-8°, 1839, Bachelier.)

Les minerais de la Cornouaille et du Devonsliire sont fondus avec beau-coup d'autres, venus de Cuba, du Chili, de l’Australie, de l’Espagne et del’Italie, dans les grandes usines métallurgiques du pays de Galles , cellesde Swansea et de Merthyr Tydfil , où l’on fabrique le cuivre, la fonte et lefer. Cyfarthfa, Dowlais , Penydarren, sont les principaux établissementsde ces industries, qui ont transformé la physionomie de la vallée du Taff,où, par une coïncidence singulière, se trouvent presque constamment asso-ciés le minerai de fer, le charbon de terre et le calcaire ou fondant néces-saire à la fabrication; Dowlais, le plus grand, n'a pas moins de 17 hauts-fourneaux pour traiter le minerai de fer et le transformer en fonte, et prèsde 160 fours à réverbère pour transformer la fonte de fer malléable ; lesautres, à proportion. Plus loin, Pontypool, rivale de Merthyr Tydlil, tra-vaille aussi le fer et mét en œuvre dans ses forges les matières premièresde ses précieuses galeries de mines. Tout le midi du pays de Galles paraitcomme embrasé : un perpétuel nuage d'épaisse fumée plane au-dessus desvilles et des campagnes. Des ruisseaux, à l’onde pure et froide, descendentdes hauteurs, « alimentent dans les vallées de belles rivières peu profondes» qui semblent avoir été faites pour réfléchir le ciel, pour donner une âme» au paysage ou pour tomber en gracieuses cascades du front des rochers.» L’industrie du fer a changé tout cela; elle force ces ruisseaux paresseux>> à travailler; elle les emprisonne dans des canaux, leur fait tourner des