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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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90 LECTURES ET A.NA.LYSES DE GÉOGRAPHIE.

bard Street, Leadenhall Street, Cheapside, etc.; mais non leur domicile,situé généralement dans les faubourgs ou dans les campagnes voisines,jusqu’à 40 ou 50 milles de Londres. — A l’ouest de Londres , West-End,est la ville de l’aristocratie, du bon ton, de la richesse, de la fashion.

« Ce beau quartier, si élégant, s’est accru, en quelques an-nées, avec une rapidité singulière. Les marais et les terrainsvagues se sont convertis en rues et en places publiques, commepar enchantement. On a vu jaillir du sol des maisons, grandescomme des palais, qui sont louées ou achetées avant même d’êtrebâties. Dans ces quartiers, élevés par l’aristocratie ou pour elle,tout a été prévu, combiné à l’avance pour prévenir tous les besoinset satisfaire toutes les fantaisies des favoris de la fortune. Nullepart, la ville n’a été plus ingénieusement, plus intimement mê-lée à la campagne. Nulle part, on n’a entouré de plus de re-cherche et de plus de soins la vie de ceux qui sont assez richespour payer leur luxe. Autour de ces maisons, les jardins sontgrands comme des parcs, et les places publiques, avec leursarbres et leurs fleurs, chantent et verdissent comme les grandsbois; une ligne continue de verdure, d’ombrages et d’eaux vives,circule, sans s’interrompre un moment, dans cette région fortu-née, pour y promener une éternelle fraîcheur. Les rues, d’unelargeur dont nos boulevards mêmes ne sauraient donner une pe-tite idée, se coupent presque partout à angle droit, et lo peud’élévation des constructions laisse pénétrer partout l’air et lalumière. Rien ici qui puisse rappeler à l’homme le travail, lapauvreté ou la gêne. Tous les spectacles attristants sont éloignésdes yeux, tous les bruits importuns épargnés à l’oreille. Les voi-tures glissent plutôt qu’elles ne roulent sur des chaussées élas-tiques et molles, qui amortissent jusqu’aux pas des chevaux; lesremises et les écuries sont placées derrière les maisons, dans desimpasses qu’on appelle mews, d’où les équipages ne sortent qu'àl’heure prescrite, pour s’arrêter dans Regent’s Street, devantquelque magasin à la mode, où milady fera des emplettes dis-tinguées, et prendra la file un peu plus tard dans les allées deIlyde-Park l .

1. Les Anglais ont le sentiment vif et l’amour profond de la nature. Leursparcs sont magnifiques, leurs jardins sont cités comme modèles, leurs champssont admirablement entretenus et cultivés ; dans les villes, ils ont inventé lessquares. Londres est fier de ses grands parcs, presque tous situés à l’ouest de laville, près des quartiers de l’aristocratie; on en compte cinq grands,sans parlerdes jardins publics et des squares : Battersea-Park, au sud de la Tamise ; et au