104 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Londres , c’est le Local Government Board qui applique la loi des pauvres.Les efforts de la bienfaisance publique, joints au merveilleux développe-ment de l'industrie et du trafic britanniques, ont notablement diminué lenombre des indigents. « Jusque dans les couches profondes du prolétariatpénètre un peu "de l'or ga^né sur les nations du globe », dit 11. E. Reclus .Les ouvriers et les employés anglais ont l’habitude de l'épargne, et saventse grouper en associations coopératives d’achat ou de crédit. On trouvesur le territoire plus de 1 500 de ces sociétés de tout ordre, maçons, labou-reurs, mécaniciens, etc., qui comptent leurs adhérents par centaines demille et leurs revenus par millions 1 .
lia Tamise et les docks de Londres .
La Tamise ( Thames ) est la grande rue centrale de Londres , la route si-lencieuse (tke silent highway). Large comme un golfe en face des arse-naux de Sheerness , et sous les canons du fort Tilbury, elle se rétrécit enamont de Gravesend ; elle a encore plus de 400 mètres de largeur (deux foisla Seine à Paris) au pont de Londres , et sa profondeur depuis la mer jus-qu'à la capitale, sur une distance de 96 kilom., varie de 65 à 15 pieds.Pendant longtemps, il a manqué au fleuve marchand des rives et des quais :les docks, les magasins, les entrepôts et les maisons de commerce descendentpresque partout jusqu’au bord de l’eau. On ne pouvait voirie fleuve tumul-tueux, que des bateaux ou des ponts. Le plus fréquenté de ces ponts, lepont de la capitale par excellence, est le pont de Londres , le plus rappro-ché de l’embouchure : il fut construit en 1822 par John llennie, à la placedu vieux pont de pierre du douzième siècle, chargé d’une double rangéede maisons massives. Les autres sont ceux : de Souihwark, de Blackfriars,de Waterloo , formé de neuf arches, ayant chacune 36 mètres d’ouvertureet 10 mètres de hauteur, large de 21, long de 404 entre les culées et de748, si l’on compte les quarante-trois arches qui se prolongent sur les deuxrives; les ponts de Charing-Cross, de Westminster, de Lambeth, duVauxhall, de Victoria, de Chelsea, Albert, de Baltersea, le dernier enamont de la ville.
C’est en 1789, après de vives discussions parlementaires, que fut votéle bill qui concédait la construction des docks de Londres . On en comptesix principaux, représentant chacun un capital social de 25 à 150 millionsde francs, plus cinq autres de moindre importance, et quatre-vingt-sept par-ticuliers, autorisés par la douane pour certaines marchandises; enfin unecinquantaine d’autres grands entrepôts. Ces docks sont creusés dans la terreet communiquent avec le fleuve. « Les vaisseaux frôlent les maisons, les» antennes enfoncent les portes, et les vergues frappent doucement au car-» reau de votre fenêtre, en vous demandant de leur ouvrir. Des escaliers» et des mâts, des rampes et des cordages, montent et descendent du flot» au rivage et du rivage au flot. » Les docks de Sainte-Catherine ont été
1. Sur toutes ces graves questions que nous ne pouvons qu’effleurer dans unouvrage du genre de celui-ci, on lira avec intérêt et profit les études sur l’Angle-terre de M. Escott. (I r ° partie, ch. xi, xir, xm, xiv.) Voir aussi la Revue britan-nique (janvier 1880), la Revue politique du 5 février 1881 : l’Assistance publiqueà Londres .