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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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HO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Londres , sinon du monde, comme le disent les Anglais; œuvre coûteuse dugrand ingénieur français , sir Isambard Brunei, construite de 1825 à 1843,et devenue aujourd’hui un objet de curiosité bien plus qu’un trait d’unionentre les deux rives. On y descend par deux puits qui ont des escaliers enspirale, et on traverse les 366 mètres de ce canal de pierre, à la lumièredu gaz. — Une œuvre plus admirable, et surtout plus utile, est le réseaudes chemins de fer souterrains de la capitale, le Métropolitain raillway,ouvert en 1863, long de 7240 mètres, et dont la partie souterraine estde 3370; cette ligne se rattache par des branches suburbaines, et par leslignes de ceinture, à toutes les lignes du royaume ; il a fallu, pour l’établir,devier les tuyaux à gaz, les conduites d'eau, les égouts, forer des puitsd’aérage, inventer de nouvelles locomotives; la science des ingénieurs avaincu toutes les difficultés. Chaque jour, 350 trains circulent sur cette voieferrée ; ils transportent par an 30 millions de voyageurs ; les dépenses sesont élevées à 32500000 francs; la recette moyenne annuelle est de 7 à8 millions de francs. Ces magnifiques travaux du chemin de fer métropoli-tain, qui pénètre au cœur des quartiers les plus populeux et les plus affai-rés de Londres , ont doublé la circulation des voyageurs et des marchan-dises. (V. P. Noblet, la Nature, 1876, l Er semestre.)

« Dans tous ses ouvrages, le génie saxon vise au gigantesque; il aime la» difficulté vaincue; il met son orgueil à vaincre les faits les plus rebelles. »L’idée vint un jour aux Anglais de construire un bâtiment à vapeur assezspacieux pour contenir la provision de charbon nécessaire à la consommationdu plus long voyage. Les ingénieurs et constructeurs Brunei et Scott Russelbâtirent cette masse énorme qu’on a appelée d’abord le Grand Oriental( Great-Eastern ), puis le Leviathan. Ce monument de l’architecture navaleanglo-saxonne pouvait contenir 4 000 passagers et servir au transport de40 000 soldats; il jaugeait 12000 tonnes, consumait 250 000 kilog. de char-bon par jour, et représentait une force de 12000 chevaux. Mais les entre-prises de transport auxquelles on le destinait ont toutes échoué : les fraisétaient dépassés par les bénéfices, et le vaisseau-monstre, la cité flottante,orgueil de l’Angleterre, pourrit aujourd’hui oublié dans quelque port duroyaume.

£<a fflersey et les docks de liiverpool.

« Les fleuves, partis de l’axe montagneux qui forme dunord au sud comme l’épine dorsale de la Grande-Bretagne,arrivent lentement, en arrosant de vertes prairies, jusqu’aurivage de la mer, et Là, par leur estuaire élargi comme ungolfe, reçoivent le flot qui s’étale et ouvre partout des portsintérieurs. A l’est, c’est parmi tous ces havres : Londres , surla Tamise ; Sunderland, sur la Wear ; Newcastle, sur la Tyne.A l’ouest ; Bristol, sur la Severn , ou plutôt sur l’Avon; Li-verpool, sur la Mersey; Glasgow , sur la Clyde. Deux de cesports, Londres , Liverpool, sont les premiers du globe, et de-vancent de beaucoup New-York, Marseille ou Anvers . Glas-