» le -vrai fleuve n’est pas l’Escaut, mais la Lys... Tandis que l’autre, le« vieux et glauque bonhomme flamand, étranglé dans ses rives, a l'aspect» croupissant d'un large fossé marécageux, l’alerte et vive commère, toute» grasse des eaux qu’elle lui dérobe, claire, ample, luronne, dansant sous» des flottilles de bateaux et cognant à tous les ponts sa croupe mouvante,» plonge au cœur de la cité, et de quartier en quartier promène sa grosse» vie active... C’est la bonne ouvrière, activant tout sur son parcours,» alimentant les industries, nourrissant les hommes, multipliant les» sources du bien-être, allant et venant parles rues et laissant partout son» nom... N’est-ce pas elle d’ailleurs qui donne son véritable caractère à» la ville ? Ses bras l’enlacent de tous les côtés, elle la baigne maternelle-» ment, et où que vous alliez, vous êtes sûr de la rencontrer, elle, ses» ponts, ses îles, ses chantiers, tournoyant sur elle-même, poussant sa» pointe entre les maisons, avec le mouvement de ses voiles, le ronflement» de ses écluses, le clapotement de son eau, cette rumeur et ce train des» rivières industrielles qui roulent de l’or et s'animent à l’égal des routes» de terre. » (C. Lemonnieh, la Belgique , Tour du Monde, 1883-1884.)
II. — Géographie politique
Notice historique i. — La Belgique romaine et germaine
(58 av. J.-C.; 817 ap. J.-C.). —La population de Belgique a une double ori-gine. Sa position géographique intermédiaire entre les Germains et lesCeltes explique cette dualité, qui, a persisté jusqu’à nos jours. Les tribusbelges indépendantes, Trévires , Éburons, Nerviens, Marins, Ménapiens,opposèrent aux légions romaines uue héroïque résistance. On sait que pen-dant la deuxième campagne de César dans les Gaules , 597 sénateurs nervienssur 600 furent égorgés, et sur 60 000 combattants retranchés derrière laSambre, 500 à peine survécurent à la défaite. Les peuples domptés formè-rent sous Auguste la province Belgique , qui fut plus tard divisée en deuxparties. Conquise au cinquième siècle par les Francs , elle devint, sous unautre nom, le berceau des deux dynasties mérovingienne et carolingienne .Clovis fut d’abord roi de Tournai , et la maison d’Heristall était originairedes bords de la Meuse. Au septième siècle, le christianisme y fut intro-duit ; les monastères et les églises s’y élevèrent en grand nombre : Begga ,sœur de Pépin de Landen , y fonda la première communauté des Béguines,et là, comme dans la Germanie païenne, les couvents devinrent les noyauxdes cités. Partagée au neuvième siècle entre les Francs occidentaux et leroyaume de Lotharingie, la Belgique subit les ravages des invasions nor-mandes ; l’anarchie y favorisa les usurpations féodales.
La Belgique féodale et communale (877-1385). — Les comtés de
1. Voir pour l’histoire générale de la Belgique : — Moke (G.), la Belgique C ancienne et ses origines gauloises, germaniques et franques (in- 8°, 1855) ; —
Schaijes (A. G. B.), la Belgique et les Pays-Bas avant et pendant la domina-tion romaine (3 vol. in-8°, ÏS60); — Juste (Th.), les Fondateurs de la monarchiebelge (20 vol. in-S°, 1865-74) et Histoire de Belgique jusqu'à la fin du règne deLéopold I ûr (3 vol. in-S°, 186S); — Van Hasselt , Histoire des Belges (2 vol. in-12, 1848) ; — Gachard (L. P.), la Belgique sous Philippe V (1867, in-f°) ;Thonissen (J.-J.), la Belgique sous le règne de Léopold I° r (4 vol. in-12, 1S55--53) ; — Van Brdyssel, Histoire du commerce et de la marine en Belgique (3 vol.in-8“, 1861-65).