loO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Flandre , de Ilainaut, de Namur , de Brabant, de Luxembourg , l'évèché de Liège furent constitués. La féodalité belge donna à la croisade son héros le pluspur, Godefroi de Bouillon , en même temps que le peuple des villes con-quérait sa première émancipation communale, et jouait un rôle actif dansles luttes de la France et de l'Angleterre. Dès le douzième siècle se déve-loppèrent et grandirent les communes flamandes et brabançonnes, quitantôt achetaient à prix d’or, et tantôt arrachaient par les armes à leurssuzerains les chartes de liberté, le droit d’élire leurs magistrats, de fortifierleurs cités, de défendre leurs murailles, de construire des marchés, deshôtels de ville et des beffrois. La prospérité des communes flamandes duracinq cents ans, malgré les divisions intestines et les invasions étrangères.Déjà les produits de leur industrie partout répandus excitaient l’envie etl’admiration du monde. Aux treizième et quatorzième siècles, elles construi-saient des canons, des digues, des bourses de commerce, des halles auxdraps; Ypres , Louvain , Gand , Bruges étaient les entrepôts du commercede toutes les nations de la hanse; leurs corporations et leurs métiersétaient plus riches que les rois ; leurs milices se mesuraient avec celles duroi de France ; vaincues à Bouvines (124S) et à Mons-en-Puelle, ellesavaient désarçonné les chevaliers français à Courtrai (1302), et JacquesArteveld, le hardi brasseur de Gand, * organisait la fédération des com-munes. Son fils Philippe, à la tète des Chaperons blancs, chassait lecomte de Flandre ; mais les dissensions des communes flamandes et l’in-tervention de l’armée française ruinèrent le parti bourgeois ; les libertéscommunales succombèrent avec Arteveld sur le champ de bataille de Roo-sebeke (1382).
La Belgique bourguignonne et espagnole (1385-1114). —Réunis par un mariage aux domaines de la maison de Bourgogne, les Pays- Bas (Belgique et Hollande ) devinrent sous Philippe le Bon , pins florissantsque jamais, malgré les révoltes de Gand , de Bruges et de Binant, qui fu-rent réprimées. Si le duc affaiblissait le pouvoir des communes, il favori-sait le commerce, encourageait l’industrie, protégeait les artistes, et don-nait des fêtes splendides à Bruxelles où il tenait sa cour et qu’il dotait depalais, d’une bibliothèque de manuscrits et d’un hôtel de ville incompa-rable. Bruges , Mons , Louvain , Anvers avaient une part égale aux faveursdu duc, et après l’avoir longtemps combattu, séduites par sa générosité etl’éclat de son luxe, le saluaient du titre de Bon. Les témérités de Charles le Téméraire et 4a politique rusée de Louis XI rompirent le faisceau desprovinces : Marie de Bourgogne , en épousant l’archiduc Maximilien (1411),lit passer les Pays-Bas à la maison d’Autriche qui les garda 320 ans. LaBelgique , incorporée en 1512 à l’empire d’Allemagne , forma le cercle deBourgogne. Charles-Quint , héritier de plusieurs couronnes, eut une prédi-lection pour le pays flamand où il était né; il acheva l’acquisition ou la con-quête des dix-sept provinces néerlandaises, en forma un même Etat, sansdétruire leurs privilèges et leurs libertés, et la prospérité’continua. Cetteopulence fut troublée par la réforme religieuse que Philippe II combattit avecune impitoyable rigueur. Les Gueux se soulevèrent contre l’intolérance etl'absolutisme espagnols ; aux cruautés du Conseil des troubles ou Tribunalde sang institué par le duc d’Albe, Guillaume le Taciturne répondit parl’Acte de confédération d’Utrecht (1519), qui précéda l’Acte d’abjura-ration de la Haye (1581). L’habile politique d’Alexandre Farnèse divisales Gueux; la noblesse belge , restée catholique, ne se battait que pour sonindépendance; les bourgeois hollandais luttaient pour la liberté et lecalvinisme. On exploita contre eux les différences de race, de langue, d’in-