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le 1 er Empire;le Kallendyck, les Bassins au Bois, du Sas, Africa, America, dela Campine et du Canal, après 1830. Les quais de l’Escaut ne suffisaientpas au commerce grandissant de la cité : on bouleversa ses rives pour faireaux navires une place plus large, pour bâtir des cales nouvelles, des ma-gasins, des entrepôts, une vaste gare maritime et ses dépendances, oùviennent aboutir les voies ferrées contournant les bassins, et où s’opère lamanutention des wagons. « La grande halle de la gare principale n’a pas» moins de 200 mètres sur 70; dans ces gares se trouvent une cinquan-» taine de grues dont la force varie de 1000 à 10 000 kilogr. ; ces grues» ainsi que les cabestans sont mus par la force hydraulique que produit» une machine de 75 chevaux, analogue à celle du port; l'éclairage se fait» par l’électricité. C’est merveilleux de voir avec quelle rapidité et quelle» précision, grâce au perfectionnement des installations, sefonttouteslesopé-» rations dans ces gares. On estime que le mouvement quotidien, sur le» port d’Anvers , ne comprend pas moins de 2500 wagons en moyenne. Les» deux gares réunies couvrent une surface de 31 hect., et présentent un» développement de voies de 65 kilom. C’est l’Etat qui, en Belgique , au» contraire de ce qui a lieu chez nous, exploite les chemins de fer pour son» propre compte 1 . »
Les quais de l’Escaut étaient trop étroits, et n’avaient à mer basse qu’untirant d’eau très faible, parfois nul. L’Etat belge prit une résolution hardieet grandiose, ce fut de remplacer les anciens quais défectueux par une lignede quais nouveaux en maçonnerie, longs de 3 500 mètres, s’avançant dansle fleuve, de façon à permettre, à toute heure de marée, l’accès aux navirescalant de 7 à 8 mètres. Le fleuve, du même coup, fut régularisé, et la pro-fondeur de son lit augmentée. Ces magnifiques travaux hydrauliques, lesplus beaux peut-être que les ingénieurs aient encore exécutes, furent adju-gés en 1S77 à MM. Couvreux et Hersent, les deux entrepreneurs français quiavaient construit plusieurs sections du canal de Suez, et qui se sont chargésdepuis des travaux de percement de l’isthme de Panama . Les dépenses desquais de l’Escaut, construits en plein fleuve, à des profondeurs de 14 à18 mètres, au moyen de caissons de fer plongés sous l’eau, et de chambresd’air comprimé abritant les ouvriers, ont coûté 40 millions ; Us ont été inau-gurés en 1884. Les Belges, fiers des beaux travaux qui font d’Anvers unedes premières cités maritimes du monde, ont choisi cette ville pour être lesiège de leur exposition universelle en 1885, et ont convié ainsi les nationsétrangères à faire l’essai de leur nouveau port 2 .
« Une constante curiosité continue à pousser de ce côté dela ville tous ceux que passionne le spectacle de l’activité hu-maine se déployant dans un cadre magnifique. Cent fois j’ai
1. Farjon, Conférence sur le port d'Anvers (Bulletin de l'Union géographiquedu Nord , n° 12, 1881). Voir les Travaux du port d’Anvers (la Nature, l or se-mestre 1S82); Lucy, index géographique.
2. Anvers n’est pas seulement le port d’exportation de tous les gros produitsbelges; mais l’Allemagne vient y embarquer ses aciers et ses fers; VItalie yenvoie, par le Gothard , ses œufs et ses fruits ; les Etats-Unis y expédient enénormes quantités leur blé et leur pétrole ; l’Amérique du Sud , ses laines et sesbestiaux. Anvers est devenu aussi un port d’émigration : plus de 25000 émi-grants s’y sont embarqués en 1882.