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comme dans une gloire, et plus haute que toutes les autres,la triomphante flèche de la cathédrale. 1 » (C. Lemonnier, id., id.)
lies rilles mortes ! Ypres , Bruges .
Ypres , chef-lieu, d’arrondissement de la Flandre occidentale , située surl’Yperlée, est une des -villes mortes de la Belgique moderne. Jadis métro-pole de l’industrie des draps, rivale victorieuse de Bruges et de Gand , autemps où ces cités régentaient le commerce du monde, elle comptait auquatorzième siècle dans son enceinte et ses faubourgs, malgré les assautset les incendies, une population de 200 000 âmes; elle en a aujourd’hui17000 .
« . Aujourd’hui Ypres , ville secondaire, ne compte plus
sur son sol d’autre production industrielle que la fabrication desdentelles-, triste profession s’il en fut, et dans laquelle un travailacharné rapporte juste de quoi ne pas mourir de faim. Rien n’està la fois plus intéressant et plus triste que de voir, dans lesruelles écartées, ces pauvres filles pâles et chétives, maladiveset voûtées avant l’âge, assises au seuil de leurs maisons, pen-chées sur leur coussin de travail, absorbées par leur ouvraged’écureuil, faisant agir leurs doigts sans relâche, avec une rapi-dité fébrile, et, du lever au coucher du soleil, tissant en silenceces délicates merveilles, qui passent pour les plus fines dentelles detoute la Belgique . » (Henry Havard , la Terre des Gueux , p. 126.)
Bruges . — La vieille cité flamande , fortifiée au neuvième siècle par Bau-doin Bras-de-Fer, fut au moyen âge, grâce à son canal maritime, l’entrepôtdes marchandises importées en Flandre , la capitale commerciale du nord,une sorte de Venise septentrionale, moins le ciel bleu et l’air transparent.Au treizième siècle, ses magistrats traitaient d'égal à égal avec les rois;
1. Cotte cathédrale, dont l’une des tours, admirable de hardiesse et de légè-reté, s’élève à 123 mètres, et dont l’autre est restée inachevée, est la plus gran-diose de la Belgique . Elle garde les chefs-d’œuvre les plus connus de Rubens , laDescente de Croix et la Mise en Croix , sans parler d’autres toiles des maitïesflamands-et de vitraux magnifiques ; au dehors est le fameux puits, surmontéd’undôme de feuillage en fer forgé, œuvre de Quentin Metsys . Mais c’est aumusée d|Anvers qu’on admire les plus précieux trésors artistiques de la Belgique .Il faut citer aussi le musée Plantin, installé dans la maison de cet imprimeurcélèbre de la fin du seizième siècle, fils de Charles de Tiercelin, seigneur français de la Roche-du-Maine. L’imprimerie de Plantin et de son gendre et associé Mo-rdus rivalisa avec celle des Aides et des Estienne. Conservées précieusement parla famille des Moretus, toutes les reliques de cet héritage, vieilles presses, vieuxcaractères, manuscrits, livres, meubles, tableaux et statues, avec l’immeuble quiles renferme, ont été achetées par la ville d’Anvers . La maison de Plantin estdevenue un musée public, où les visiteurs retrouvent l’intérieur d’une opulentehabitation bourgeoise du seizième siècle.