194 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
à li grande coupure projetée du golfe. Une rangée d’iles ferme au nord leZuyderzée : le Texel, plaine verdoyante, abritée derrière ses digues et sesdunes ; Vlieland, Terschelling, Ameland , celle-ci réunie à la Frise parune digue, et à leur suite, Schiei-monnikoog, Boschplaat.
« Il semble, quand on entre dans cette île étrange du Texel, qu’on des-» cende dans une immense cuvette garnie d'un épais tapis de verdure.» Une interminable prairie meublée de quelques bourgs, avec des mou-» tons, des vaches et des chevaux qui paissent en liberté ; tout cela» entouré par une ceinture de digues et de dunes, qui y bornent partout» la vue... Ses vastes pâturages nourrissent 2000 bêtes à cornes, un mil-» lier de chevaux et plus de 30000 moutons. Ces moutons sont célèbres» en Hollande , en Angleterre, en Danemark . Chaque année, l'ile en» exporte environ 12000 qui s’en vont dans les gras pâturages de laNoord-» Holland chercher un surcroît d’embonpoint; après quoi, ils sont expédiés» au dehors... Les huîtres de Texel jouissent, dans toute la Hollande ,» d’une réputation au moins aussi grande que ses moutons ; toutefois, les» bas-fonds, sur lesquels s’étendaient jadis des bancs très considérables,» ne donnent presque plus rien, et les huîtres qu’on trouve encore à Texel» sont importées des côtes d’Angleterre, et reçoivent là leur indispen-» sable éducation. » (llenry Havard.) — Çà et' là, sur le littoral de laHollande et dans les îles Frisonnes, se dressent des dunes de sable, quiatteignent parfois 60 mètres de hauteur.
Climat. — Le sol est humide, l’air humide, le ciel brumeux, les brouil-lards épais, les pluies fréquentes (0 m ,680 par an). La température moyenneest douce et égale, grâce au voisinage de l’Océan; à La Haye , + 18° enété, + 3° en hiver; à Amsterdam , +18» en été, + 2»,5, en hiver
Relief du sol. — La terre creuse néerlandaise, défendue au nord et àl’ouest par ses endiguements, s’élève légèrement au sud, du côté du Lim-bourg, à l’est et au sud de Maêstricht ; quelques collines de formation car-bonifère s’élèvent à 160 et 200 mètres, près de Fauquemont, de Gulpen etde Vaals ; le mont Saint-Pierre (Pietersberg), perce de plusieurs milliersde carrières et de galeries souterraines, refuge des proscrits et des persé-cutés dans tous les temps, se partage entre la Belgique et la Hollande .Partout ailleurs le pays garde son horizontalité.
« Son aspect pittoresque est singulier ; sa constitution géologique ne» ressemble à aucune autre. On a pu s’étonner qu’un tel pays se ren-» contrât, et personne ne le saurait voir sans quelque surprise, tant est» grand le contraste de sa physionomie tranquille avec les conditions vio-» lentes de son existence. Né d’une lutte séculaire entre l’Océan et les» fleuves, déposé par des déluges successifs, tour à tour élevé, abaissé,» emporté ou rejeté par la vague, travaillé encore aujourd’hui, sous nos» yeux, par des altérations soudaines et profondes, sous la constante me-» nace des marées envahissantes, des inondations, des débâcles, en butte à» toutes les fureurs neptuniennes, le soi des Pays-Bas n’en garde pas» moins l’apparence d’une inaltérable paix. Tout est douceur et lenteur,» tout respire le calme et la sécurité dans ces paysages hollandais que» l’impétuosité des vents et des flots a tant de fois bouleversés. En deçà» de la chaîne des dunes qui les protège contre l’Océan, la ligne horizon-» taie y règne, à peine infléchie. Rien qui se dresse, rien qui se précipite.» Des contours ondoyants, des surfaces planes comme des miroirs, éclairées» d’une lumière égale et argentée; de molles prairies enveloppées de» vapeurs blanchâtres, des eaux dormantes où se reflète un ciel nuageux ;