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avec la France (119»), lui payèrent une contribution de 100 millions, luicédèrent le Limbourg et la Flandre hollandaise, Maëstricht , Venloo , Fles-singue, et la libre navigation du Rhin , de la Meuse , de l’Escaut. Pendantvingt ans, leur destinée fut liée à celle de la France . Cinq fois, la consti-tution de la Hollande fut modifiée suivant les évolutions politiques de lanation maîtresse, en 1196, 1198, 1801, 1805, 1806; tour à tourrépublique fédérative ou unitaire, monarchie napoléonienne sous Louis I«Bonaparte, frère de Napoléon , et enfin après l’abdication forcée dece vassal récalcitrant, brutalement incorporée à l’empire, elle fut successi-vement divisée en huit, puis neuf, puis dix, puis sept départements, surle modèle français . Pendant que s'accomplissaient ces transformationshumiliantes, le commerce des Pays-Bas était suspendu, sa dernière flottebattue par l’Angleterre, et ses colonies lui étaient enlevées.
Le royaume des Pays-Bas (1814-1888). — Au congrès de Vienne,on rendit à Guillaume-Frédéric (Guillaume I er , 1813-1840), fils du dernierstathouder, la souveraineté des provinces néerlandaises, et on y ajouta lesprovinces flamandes et wallonnes et le grand-duché de Luxembourg , maisl’Angleterre garda Ceylan, le Cap et une partie de la Guyane . Le royaumedes Pays-Bas, élevé comme la sentinelle de l’Europe sur la frontière de laFrance , dura quinze ans; en 1830, le peuple belge s’émancipait à son tourV. la Notice historique sur la Belgique , p. 151; dix ans plus tard, Guil-laume I er abdiquait.
Guillaume II (1840-1849) fut souvent en désaccord, comme son prédé-cesseur, avec les Etats-Généraux sur les questions d’impôts et de finances.Il sut toutefois éviter une révolution, construire des chemins de fer, des-sécher la mer de Haarlem , faire la guerre aux Atchinois, et il préparait laréforme de la Constitution quand il mourut (1849).
Son fils et successeur, Guillaume III , reprit cette œuvre délicateet la mena à bonne fin. Sous ce règne, le commerce se releva, la pros-périté coloniale fut rétablie, grâce surtout au système des cultures for-cées, introduit aux Indes Orientales par le gouverneur Van den Bosch;l’administration du Waterstaat à continué l’œuvre de protection et d’assai-nissement par les digues, les canaux, les polders, les assèchements;en 1863, le ministre des colonies, Van de Putte, a fait abolir l'esclavagedans les Antilles ; et malgré une nouvelle lutte meurtrière contre lesAtchinois qui coûta à la Hollande des milliers de soldats et un de ses meil-leurs hommes de guerre, le général Kohler, battu et tué (levant la citadelleou Kraton d'Atchin (1873), la Hollande a soumis l’Etat rebelle, etplacé le nord de l’üe de Sumatra sous sa domination. « De nos jours,» la Hollande tient un rang plus modeste qu’aux temps de Philippe II et» de Louis XIV parmi les Etats européens; mais elle a gardé sa physio-» nomie particulière, si bien exprimée par ses grands peintres ; au milieu» de ses riches campagnes, que coupent en tous sens les routes, les» canaux, les voies ferrées, ce ne sont que villages proprets, bourgs indus-» trieux, villes à la tournure antique, dont les maisons se reflètent dans» les Gratchen ) ou rues aquatiques qui introduisent les canaux au cceHr» même des cités ; partout régnent le mouvement et la vie, mais un mou-» vement mesuré et une vie peu bruyante ; de tous côtés la vue est frappée» par le spectacle du bien-être et de la richesse, mariés à une sage éco-» nomie, et d’un bout à l’autre du pays batave on se convainc du pre-» mier coup d’œil, absolument comme en Suisse , qu’on est en présence» d’un peuple qui a la conscience de son individualité et la ferme volonté» de ne pas abdiquer. » (Himly, t. I ; p. 123.)
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